Le lundi 23 mars au Mali, un tribunal de Bamako a condamné à deux ans de prison le journaliste Youssouf Sissoko, directeur de la publication du journal L’Alternance, très critique envers les dirigeants militaires de la région, pour avoir publié un article pestant sur le leader du Niger voisin.
Youssouf Sissoko, directeur de la publication du journal L’Alternance, avait publié début février un article critiquant le chef de la junte nigérienne, Abdourahamane Tiani, pour avoir affirmé que la France, la Côte d’Ivoire et le Bénin étaient impliqués dans une attaque contre l’aéroport de Niamey, la capitale. Or, cette attaque a été revendiquée par le groupe djihadiste Etat islamique.
Le texte signé par un autre journaliste accusait M. Tiani de mensonge et de faire du Niger, où un « laboratoire pour une expérimentation politique toxique ». M. Sissoko a été arrêté le 5 février et placé en détention pour « diffusion de fausses informations, atteinte à la réputation de l’Etat et insulte à l’égard d’un chef d’Etat étranger », avait fait savoir l’Association de la presse privée.
Lundi, le tribunal de la Cellule nationale de lutte contre la cybercriminalité du Mali a condamné M. Sissoko à deux ans de prison et lui a ordonné de verser un million de francs CFA (1 770 dollars) de dommages et intérêts. Le président de l’ASSEP a déclaré à l’AFP que cette décision ferait l’objet d’un appel.
Reporters sans frontières (RSF) a condamné cette condamnation, la qualifiant de grave violation de la liberté de la presse, et a appelé à la libération de M. Sissoko.