L’avocate burkinabé, Ini Benjamine Esther Doli, a été appréhendée par des personnes armées la semaine dernière à son domicile à Ouagadougou, pour trahison et outrage au chef de la junte, suivant ses publications critiques en ligne du régime militaire au pouvoir.
Dans la nuit du 31 août au 1er septembre, des « personnes armées se présentant comme étant de la gendarmerie nationale ont forcé les accès au domicile » de Me Ini Benjamine Esther Doli et « l’ont appréhendée et emmenée de force », a écrit dans un communiqué transmis à l’Agence France-Presse (AFP) le bâtonnier du Burkina Faso, Batibié Benao, qui exige « sa libération immédiate ».
Dans ses publications, madame Doli dénonçait notamment les « violations des droits humains » et les dérives du régime du capitaine Ibrahim Traoré, au pouvoir depuis le coup d’Etat du 30 septembre 2022. Elle avait même d’ailleurs adressé une lettre ouverte au président russe Vladimir Poutine, dont le Burkina Faso s’est rapproché ces dernières années. Elle demandait à ce dernier de dire aux autorités de son pays de « libérer toutes les personnes » détenues « injustement dans des lieux obscurs et privés sans aucun mandat de la justice ».
« Ce sont des publications qu’elle a faites alors qu’elle était en vacances hors du Burkina Faso. Elle a été interpellée le jour même où elle revenait de voyage et s’attendait plus ou moins à son arrestation, mais pas de cette manière », a indiqué à l’AFP un avocat sous le couvert de l’anonymat.
Le procureur du pays, Bakouli Blaise Bazié, a annoncé samedi l’ouverture d’une enquête contre cette avocate pour des faits présumés « de trahison, outrage au chef de l’Etat et entreprise de démoralisation des forces armées ». Le parquet dit avoir constaté fin août une série de publications sur le profil Facebook de Mme Doli pouvant justifier d’une « qualification pénale ».