Dans une vidéo partagée en ligne, l’ancien chef d’Etat du Gabon, Ali Bongo Ondimba, assure toujours maintenir sa position de président du Parti Démocratique Gabonais (PDG), défiant ainsi Blaise Louémbé reconnu comme étant le nouveau leader depuis janvier 2025.
Après deux années sous silence, le chef d’état déchu du Gabon, Ali Bongo Ondimba, fait une sortie médiatique surprenante. Depuis sa résidence huppée de Londre, l’ancien dirigeant s’adresse aux cadres et militants du PDG, contre lesquels il porte de lourdes accusations.
En effet, dans une note signé de sa main, Ali Bongo Ondimba explique qu’au lieu de s’en tenir à ses instructions, données à certains dirigeants du parti, qu’il recevait à sa résidence de la Sablière le 7 mars 2024, alors qu’il était « sous contraintes », ces derniers se seraient plutôt rendus au palais présidentiel de transition. Or, ils avaient pour mission principale de réorganiser leur parti politique et lui proposer une nouvelle architecture institutionnelle avec un vice-président exécutif et un secrétaire général. « Ce directoire illégal et autoproclamé a méthodiquement sapé les fondements de notre parti », a-t-il martelé, dénonçant un « démantèlement orchestré » par le pouvoir en place.
Dorénavant, Ali Bongo Ondimba estime que le moment est venu de s’exprimer à nouveau, avec clarté et détermination, pour énoncer « des décisions importantes que j’ai prises concernant l’avenir de notre parti et pour clarifier certaines situations qui appellent votre compréhension ». « J’ai ainsi décidé de nommer le camarade Ali Akbar Onanga Y’Obégué au poste de Secrétaire Général du parti…. Qui a pris ses responsabilités, avec d’autres camarades, pour maintenir l’héritage de notre parti en menant une action résolue et salutaire de retour à la légalité. Il a ainsi préservé l’intégrité de notre parti et amorcé avec succès notre positionnement dans l’opposition constructive », assène la figure politique de 66 ans.
Cette décision déclare donc nulles et de nul effet, les résolutions issues du congrès extraordinaire du parti, tenu le 30 janvier 2025.
Un avenir politique encore possible ?
Selon Ali Bongo Ondimba, « On peut parfaitement diriger un parti politique sans exercer de mandat national ». En effet, bien qu’il ait réaffirmé son retrait de la vie électorale nationale, confirmé dans une lettre publique du 18 septembre 2024, tout en précisant qu’il n’a jamais démissionné de la présidence du PDG, monsieur Ondimba promet désormais de préparer le parti à « un aggiornamento statutaire »pour permettre à un candidat autre que le président du parti de porter les couleurs du PDG à la présidentielle.
« J’avance avec ceux qui auront fait le choix libre et conscient de faire vivre les idéaux du PDG », a-t-il déclaré. Par cette parole, Ali Bongo Ondimba confirme ainsi son retrait de la vie politique nationale et son renoncement définitif à toute ambition nationale.
« Notre porte reste ouverte… »‘
A ceux qui ont quitté le parti, Ali Bongo Ondimba dit laisser l’histoire juger de leur parcours. « Notre porte reste ouverte à ceux qui souhaiteraient sincèrement revenir, mais notre priorité va à ceux qui sont restés fidèles en dépit des circonstances du moment. À nos militants, je dis : restez mobilisés, restez unis, restez fidèles à nos valeurs pendant cette période » a-t-il conclu.