Une interview invraisemblable guidée par le journal local Gabon Media Time, daté du 18 janvier 2026, fait en ce moment énormément de tapage au Gabon en raison de ses révélations choquantes qui mettent en lumière une organisation douteuse ayant apparemment la main mise sur la police nationale. Le témoignage est fait par le Brigadier-chef-major de la Police gabonaise, Moulou Mehedi Adrigael, dénonçant un harcèlement sexuel présumé de la part d’un supérieur hiérarchique, des pressions, la disparition de son dossier administratif et l’existence d’un arrêté de radiation qu’aucune autorité ne reconnaît officiellement.
C’est une confidence présentant plusieurs problématiques. Car, bien sûr, la dénonciation face caméra que partage Moulou Mehedi Adrigael est bien plus qu’un aveu personnel, c’est également un appel d’alerte public présentant ouvertement un échec administratif et un rituel ignoble cimenter et perdurant au sein des corps armés. C’est donc un souci propre qui a de fortes chances d’être vécu par beaucoup d’autres.
« Si tu n’es pas prêt à te faire sodomiser, tu peux en moins faire une fellation »
Tout démarre à partir de 2019. Monsieur Mehedi Adrigeal obtient une attestation de présence au corps afin de prendre un crédit à une banque à laquelle il était domicilié. Ce papier précise qu’il ne fait l’objet, et n’est surtout pas en cours, de radiation au sein du corps ; or, dès le mois de novembre son salaire est soudainement suspendu. Surpris, il saisit le ministre de l’Intérieur – Lambert-Noël Matha – veillant à mettre à sa disposition un enregistrement audio insupportable, source de sa posture défavorable actuelle. Dans ce vocal, on y entend supposément son ancien supérieur, qui était auparavant conseiller administratif du commandant en chef, l’inviter à effectuer un acte sexuel. Une demande à laquelle il se refusera de céder.
Cauchemar institutionnel
Le sentiment de solitude va très vite gagner Moulou Mehedi Adrigael qui, en dépit de plusieurs procédures administratives pour faire entendre ses droits, se retrouva pénalisé par diverses circonstances.
Déjà en 2020, il a été déféré et un ordre de poursuite a été signé contre sa personne dans « une prétendue affaire d’expansion de fonds « . « Si j’ai réellement été radié, pourquoi est-ce que l’inspection qui est organe disciplinaire des forces de police nationale n’avait pas l’information que j’étais radié ? « , il interroge. Etrangement, aucune enquête n’a été menée ni même de confrontation n’a été faite sur cette accusation. Plus tard, il sera présenté au parquet où il découvrira pour la première fois le fameux arrêté de radiation, qu’il parviendra à intelligemment décrédibiliser : « J’ai dit au procureur que si réellement ce document existait, je ne pouvais être déféré par l’inspection puisque l’inspection ne défère que les policiers qu’en service », il se défend.
Moulou Mehedi Adrigael recevra une visite inattendue quelques temps après de son dit bourreau, désormais décédé. Ce dernier lui fera comprendre que sa liberté ne dépendait que de lui ; qu’il suffisait qu’il valide et sortira de taule. « Il fallait que je me fasse sodomiser, c’est ça le véritable problème », rapporte-t-il. Il rejettera de nouveau cette demande, et se retrouvera le 10 avril notifié d’un arrêté de radiation. Mais encore une fois, connaissant son droit et la loi, le brigadier ne se laisse pas faire.
« Pour que l’arrêté ait un sens, soit légal ou crédible, il fallait qu’il y ait obligatoirement la présence d’une décision de radiation. Face à cela, je me suis retourné du côté de l’inspection générale des forces de police nationale où j’ai saisi l’inspecteur général. En saisissant l’inspecteur général, je n’ai pas mis l’arrêté parce que dans ma conception si réellement s’il était informé de l’arrêté en question, il devait me donner le bon numéro de l’arrêté … Mais curieusement, l’arrêté confirmé ici c’est 456, or l’arrêté mis en cause, c’est l’arrêté 059 », il raconte.
Néanmoins, ces observations ne changent en rien son cas. Depuis 2022, Moulou Mehedi Adrigael a adressé plus de 40 correspondances « qui n’ont jamais connu de suite ». « Pourquoi est-ce que je choisis la voie des médias aujourd’hui ? C’est parce que je sais qu’administrativement par courriel, on peut bloquer, cacher ou soustraire une procédure. Mais au niveau des médias, cela ne peut se faire », il explique.
Un réseau solide
Moulou Mehedi Adrigael est clair, il n’a aucun problème avec la police. Par contre, il antagonise un système honteux qui s’y abrite. « Ce que je traverse actuellement m’a fait comprendre qu’une chose et c’est avéré ; la résistance autour de cette situation qui aurait prit fin depuis 2022, est dû au fait d’un réseau homosexuel au sein des forces de police nationale, je le confirme« , il dénonce.