Le président des marchands de bétail en Guinée, Oumar Sila Bah, tire la sonnette d’alarme quant à la dépendance graduellement croissante du marché de bétail guinéen, qui ne se suffit plus à lui seul pour satisfaire la consommation locale.
Le marché de bétail guinéen est de plus en plus rempli de bœufs, d’ovins et caprins venant du Mali, alors que la Guinée disposait de 9 millions 310 mille bœufs (en 2022), de 3 082 933 ovins (en 2020) et 3 697 000 caprins (en 2020) sur le marché. « Chez nous, le marché à bétail est sérieusement affecté par la saison sèche. Nos bœufs en saison sèche, soit entre février et mai, sont rares pour couvrir les besoins des consommateurs. Mieux, ils sont squelettiques. Les bœufs robustes vous ne pouvez en avoir qu’en saison des pluies. C’est pourquoi, nous sommes obligés de nous tourner vers le marché étranger, notamment celui de la république du Mali », a fait savoir le Président des marchands de bétail.
En effet, en territoire guinéenne les bœufs n’ont pas de quoi se nourrir suffisamment. Selon Oumar Sila Bah, sa coopérative se bat chaque jour à fournir le nombre de bœufs suffisants pour servir les consommateurs en viande. Afin de limiter les dégâts, cet acteur de l’élevage demande à l’Etat de prendre des mesures énergiques et de faciliter la cohabitation entre éleveurs et agriculteurs.
« Comment expliquer que des centaines voire de milliers de troupeaux ont migré dans les pays voisins comme la Sierra Léone, le Libéria et la Guinée Bissau. C’est par ce qu’en Guinée, les éleveurs sont de plus en plus persécutés. L’Etat doit pouvoir créer le zonage et créer les conditions de relance du secteur de l’élevage. De nos jours, l’élevage extensif n’est pas une solution. Il faut trouver les moyens pour sédentariser les éleveurs. Ce qui exige des moyens et des techniques modernes pour la pratique de l’élevage. C’est ce qu’il nous faut », conclut-il.