Kenya : le Parlement accuse des soldats britanniques de crimes graves commis lors de leurs entraînements dans le pays

Le Parlement kényan accuse des soldats britanniques de plusieurs décennies d’abus sexuels, de meurtres, de violations des droits de l’homme et de destruction de l’environnement commis lors de leurs entraînements dans le pays. Les concernés sont accusés de se soustraire à leurs responsabilités en refusant de coopérer avec l’enquête parlementaire.

Le rapport détaille des témoignages poignants de communautés des comtés de Laikipia et de Samburu, situés à proximité des bases d’entraînement militaire. Le Haut-Commissariat du Royaume-Uni au Kenya a déploré que sa contribution n’ait pas été prise en compte dans les conclusions du rapport et a affirmé être prêt à enquêter pleinement sur ces allégations « dans le cadre de sa juridiction, dès que les preuves seront fournies ».

Dans un rapport de 94 pages faisant suite à une enquête de deux ans, la commission parlementaire kényane de la défense, du renseignement et des affaires étrangères a accusé Batuk de manquements répétés à l’éthique, de violations des droits de l’homme et de négligence environnementale, ainsi que de problèmes liés à l’emploi et au travail.

En effet, depuis des décennies, des troupes de l’unité d’entraînement de l’armée britannique au Kenya (Batuk) dispensent des formations dans le centre du Kenya, mais leur présence suscite depuis longtemps la controverse, des soldats étant accusés de mauvaise conduite et de violations des droits de l’homme. Le rapport indique que, durant l’enquête, les communautés locales ont fait état de meurtres, d’agressions et de mutilations, notamment des rixes et des accidents de la route mortels, impliquant des soldats Batuk.

Parmi les cas les plus graves figure le meurtre, en 2012, d’Agnes Wanjiru, dont le corps a été retrouvé dans la fosse septique d’un hôtel de Nanyuki, ville de garnison du centre du pays, près de trois mois après qu’elle aurait passé une soirée avec des soldats britanniques. Le panel a déclaré que « la quête de justice a été lente et semée d’embûches ». « Il a été allégué que le processus d’enquête a fait l’objet d’ingérences et d’obstructions indues, prétendument de la part de membres de Batuk, ce qui continue d’entraver le cours de la justice », a-t-il ajouté.

Un ancien soldat britannique, accusé du meurtre de Wanjiru, a été arrêté le mois dernier suite à un mandat d’arrêt émis au Royaume-Uni et risque désormais l’extradition vers le Kenya. Il nie les faits qui lui sont reprochés et ses avocats ont indiqué qu’il comptait contester son extradition.

Plus de 1 000 soldats kényans reçoivent chaque année une formation britannique, tandis que des milliers de soldats britanniques sont envoyés au Kenya pour des exercices d’entraînement.

 

 

Dernières infos

Partagez cet article

Interagissez avec nous

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut