Madagascar : le patrimoine naturel, Tsitakakantsa, est en train de mourir

Dans un récent post Facebook, le chercheur et spécialiste des baobabs de Madagascar, ainsi que réalisateur de Mamody, Cyrille Cornu a annoncé le 11 mai 2026 la lente agonie du plus gros baobab jamais répertorié et mesuré dans le pays, Tsitakakantsa. Une nouvelle qui attriste profondément la nation malgache. 

Les signes ne manquaient, ni ne mentaient pas. En octobre 2025, Cyrille Cornu exprimait déjà son inquiétude quant à l’état vieillissant que présentait le Baobab. Lors d’une visite de terrain, le spécialiste affirme avoir constaté des détails alarmants : des odeurs de décomposition ainsi qu’un liquide noirâtre formant une mare au pied de l’arbre.

À partir d’observations aériennes, le chercheur dit avoir identifié une ouverture béante au sommet du tronc. « Mon hypothèse scientifique est que la tempête tropicale Jude, survenue début 2025, a rempli cette cavité d’une quantité d’eau exceptionnelle, provoquant un pourrissement interne du cœur de l’arbre », explique-t-il.

Son assistant, Wilfred Ramahafaly, confirme l’extinction évolutive de ce géant de la nature par l’affirmation du chef du village d’Andombiry, dans le sud de Morombe. « Le géant vient de perdre l’une de ses branches maîtresses, un signe caractéristique de l’effondrement imminent chez ces spécimens millénaires », informe Cyrille Cornu.

Le chercheur avise que ceci est malheureusement la première étape d’une mort progressive, précisant que « ces colosses ne meurent pas d’un coup, ils se fragmentent avant de retourner à la terre ». « D’ici deux à trois ans, il ne restera plus rien de ce monument de la nature, un être fantastique qui aura traversé les siècles », il avertie.

Découvert en mai 2018 par les habitants du village d’Andombiry, dans le sud-ouest de l’île, le colosse appartient à l’espèce Adansonia grandidieri, localement appelée « reniala », ou « mère de la forêt ». Avec une circonférence record de 28,82 mètres, il avait succédé à l’ancien géant Tsitakakoike, disparu en 2019. Son nom, qui signifie « si tu chantes d’un côté du tronc, on ne peut entendre ce chant de l’autre côté », témoigne de son gigantisme hors norme. Un record absolu pour la biodiversité malgache.

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