Mali : La classe politique malienne proteste contre la dissolution et l’abrogation de la charte des partis politiques

À l’appel de nombreux partis, réunis sous l’Initiative des partis politiques pour la charte (Ipac), mouvements politiques ainsi que d’organisations de la société civile, une marche de protestation contre la possible dissolution et l’abrogation de la charte des partis politiques a eu lieu dans la capitale de Bamako, dans l’après-midi du samedi 3 mai. 

La coote de popularité du chef de l’Etat de transition du Mali, Assimi Goïta, semble proche de l’extinction auprès de son peuple. En effet, après la recommandation des Forces vives de la nation ayant réclamé, mardi passé lors d’une concertation nationale, l’élévation du général d’armée au rang du Président de la République du Mali avec un mandat de 5 ans renouvelable et la dissolution de tous les partis politiques, des désaccords se sont très vite élevés.

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant le palais de la Culture de Bamako avant de se voir refuser l’accès par la police nationale présente en grand nombre. Des manifestants scandaient des slogans hostiles à la transition et aux militaires, avant d’être dispersés à coups de gaz lacrymogène par un imposant dispositif policier.

La relecture de la charte des partis politiques

Les scandaleuses recommandations ayant engendrés une telle réactivité sont les résultats de la phase nationale de la consultation des Forces vives de la nation sur la relecture de la charte des partis politiques tenue du 26 au 27 avril 2025 à Bamako.

La méthodologie de ces consultations consistait à procéder à la réduction du nombre de partis politiques en appliquant des conditions restrictives de création et de financement, ainsi les participants ont recommandé, à l’issue de deux jours de travaux, de dissoudre tous les partis politiques, de durcir les conditions de création en fixant une caution de cent millions (100 000 000) de francs CFA, soit plus de 170 000 dollars, pour la création d’un parti politique, de fixer l’âge pour être dirigeant d’un parti politique à 25 ans au moins et 75 ans au plus.

De plus, il a été recommandé d’obliger les partis à avoir des représentations significatives dans les régions, les cercles et le district de Bamako, d’instaurer plus de rigueur dans le fonctionnement des partis, d’interdire aux chefs de village, de fraction ou de quartier, aux leaders religieux et aux organisations de la société civile d’être candidats à une élection ou de participer à une campagne électorale.

Et donc, les participants ont en outre recommandé de réviser la charte de la Transition en installant le général d’armée Assimi Goïta comme Président de la République pour un mandat de cinq (5) ans à partir de 2025, renouvelable, à l’instar de ses pairs de l’AES (Alliance des États du Sahel), de donner le temps nécessaire aux dirigeants actuels pour poursuivre la gestion de l’État, de maintenir les organes actuels jusqu’à la pacification du pays, de suspendre toutes les questions électorales jusqu’à cette pacification, de faire l’audit du fichier électoral par une structure indépendante après la dissolution des partis et de maintenir l’autorisation préalable pour toute manifestation politique.

La classe politique a boycotté ces consultations.

 

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