Le rappeur Mylmo N-Sahel, de son vrai nom Mamadou Soumbounou, a tout récemment retrouvé la liberté après plusieurs heures d’interrogatoire devant le procureur du pôle national de lutte contre la cybercriminalité. Si la raison exacte derrière cette interpellation n’a pas encore été expliqué, plusieurs sources y voient un lien avec son dernier single sorti en août dernier.
Parolier de talent, très connu pour ses textes critiques à l’encontre des tares de la société et la de la gestion politique du pays, le don de l’artiste Mylmo N-Sahel le met dorénavant dans le collimateur de la justice de son pays. En effet, le rappeur de 37 ans a auparavant été interpellé le vendredi 12 septembre, à sa descente d’avion à l’aéroport international de Bamako Senou alors qu’il revenait d’un séjour parisien. Le 15 septembre, il a pu regagner son domicile sans qu’aucune charge ne soit retenue contre lui.
Le facteur derrière cette convocation demeure méconnu. Cependant, des sources affirment que tout ceci a en fait à y voir avec sa récente sortie musicale titré « Samba Gueladio », dans lequel Mylmo fait la mise en scène d’un berger accusé à tort et tué pour son implication présumée dans les activités djihadistes. Un clip qui évoque la situation sécuritaire du pays et ce qu’il qualifie d’amalgame dans l’identification des présumés djihadistes. Ainsi, Samba y est décrit comme une victime de la stigmatisation par laquelle serait visés certains peuls. Une alerte, selon l’artiste, pour sensibiliser autour de l’amalgame entourant certaines couches de la population dans le cadre de la lutte contre le terrorisme au Mali.
Mylmo a été interpellé dans un contexte marqué par les placements sous mandat de dépôt de plusieurs figures politiques, militaires ou religieuses. Certaines parmi elles, sont accusées d’ »atteinte au crédit de l’Etat » pour des propos jugés tendancieux ou compromettants par la justice malienne.
Pour Sidi Kounta, journaliste et blogueur, certains cyberactivistes, communément appelés « videomans » proches du pouvoir, contribuent grandement à restreindre le champ de la liberté d’expression au Mali.