Maroc : le média espagnol Público partage une enquête révélant la maltraitance des marocaines employées dans la cueillette des fraises dans la province de Huelva en Andalousie

Une investigation approfondie, publiée par le média espagnol Público, a percé à jour de graves violations des droits fondamentaux sous lesquelles des saisonnières agricoles marocaines s’exécutent dans la cueillette des fraises en Andalousie, dans la province de Huelva. 

Le situation prend place dans une région où la culture de la fraise constitue l’un des principaux piliers de l’économie agricole. A elle seule, elle génère environ 8 % du produit intérieur brut andalou. En effet, la province de Huelva constitue le plus grand bassin de production de fraises en Espagne, avec près de 97 % de sa production exportée vers l’Europe. C’est pour cette raison que l’enquête révélé par le média Público, présentant des violations des droits des travailleuses saisonnières, prend une dimension cruciale tant en matière de droits humains que de responsabilité sociale.

L’investigation présente deux cas emblématiques survenus au cours des dernières semaines de la saison de récolte, impliquant des faits de maltraitance et d’abandon de plusieurs travailleuses recrutées via le dispositif de migration saisonnière appelé « GECCO« . Ce système permet l’embauche temporaire dans le pays d’origine, sous condition de retour à l’issue du contrat.

Le premier cas

Le premier cas mets en avant un groupe de travailleuses marocaines  arrivé à Huelva le 7 avril pour intégrer l’entreprise « Berrys la Dehesa« , située dans la commune de Cartaya. Mais après quelques semaines seulement, ces femmes ont été privées de travail, sans contrat signé, sans salaires versés, et sans avoir reçu leur carte d’identité d’étranger (TIE), document indispensable à l’exercice légal d’une activité salariée et au séjour régulier en Espagne. Ces éléments ont été révélés par le syndicat espagnol CCOO, qui suit de près le dossier.

Plus grave encore, le papier nous rapporte que l’une des travailleuses était enceinte de cinq mois. Elle, comme ses collègues, se trouvait dans une situation économique critique. Croyant que leur emploi était maintenu, elles avaient transféré de l’argent à leurs familles, jusqu’à ce que les paiements soient totalement interrompus. Cette rupture soudaine les a plongées dans une extrême précarité. Les ouvrières auraient ensuite subi des pressions de la part de la superviseuse de la ferme et de l’employeur lui-même, qui les auraient exhortées à « rentrer par leurs propres moyens au Maroc« , sans proposer de solution concrète ni respecter les engagements préalablement établis. L’employeur a, de manière explicite, refusé toute régularisation de leur situation.

Le second cas

Le second témoignage relaté par Público concerne une ouvrière marocaine du nom de Zahra B., âgée de 47 ans, qui travaille dans les champs de fraises depuis sept ans. Après avoir été diagnostiquée d’un cancer du col de l’utérus, elle a été renvoyée au Maroc. Selon les dires de l’association des femmes migrantes en emploi, ces dernières auraient plaidés pour que Zahra puisse poursuivre son traitement en Espagne.

Cela dit, l’enquête dévoile des versions contradictoires. Tandis que l’association des femmes migrantes en emploi plaidait pour que Zahra puisse poursuivre son traitement en Espagne, les représentants patronaux affirment qu’elle aurait volontairement demandé son retour en raison de la détérioration de son état de santé. Or, les éléments recueillis montrent que Zahra suivait un traitement actif à l’hôpital de Huelva, mais en raison d’une impossibilité de financer les soins médicaux nécessaires sur place, faute de ressources financières suffisantes, elle aurait été contrainte de retourner dans son pays.

Cette expérience est similaire à une ouvrière prénommée Samhia, aussi atteinte d’un cancer, qui a été forcée de rentrer au Maroc malgré de nombreuses années passées à travailler dans les champs de fraises de Huelva. Ce cas illustre la récurrence des difficultés rencontrées par les travailleuses marocaines dans l’accès à un accompagnement médical et social digne.

Enfin, Público souligne que, bien que ces abus ne soient pas encore généralisés, ils portent gravement atteinte aux droits des femmes concernées et ternissent l’image de tout un secteur. L’enquête appelle ainsi à un renforcement des contrôles, ainsi qu’à une intervention déterminée des autorités pour garantir des conditions de travail stables, dignes et humaines.

 

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