République de Guinée : La Conférence des Barreaux de l’UEMOA dénonce une attaque contre la justice après l’enlèvement du juriste Me Mohamed Traoré

La Conférence des Barreaux de l’espace UEMOA a réagi avec une « profonde indignation » à l’enlèvement de Maître Mohamed Traoré, ancien Bâtonnier du Barreau de Guinée, survenu dans la nuit du 20 au 21 juin 2025. Dans une déclaration officielle rendue publique le samedi, l’organisation régionale a fermement condamné un acte qualifié d’« odieux » et de « brutalité d’une autre époque ».

Maître Traoré a été enlevé à son domicile dans des conditions violentes par un groupe d’individus armés et motorisés, dans un contexte marqué par une montée de tensions et des violations répétées des libertés fondamentales. Pour la Conférence, cet acte constitue non seulement une grave atteinte aux droits humains, mais également une menace intolérable à l’intégrité physique et morale d’un avocat, ainsi qu’à la liberté et à l’indépendance de toute la profession.

L’épouse de l’ancien Bâtonnier de l’Ordre des avocats, interrogée par Modemédias, est revenue sur les circonstances de cette arrestation survenue aux environs de 3 heures du matin. Selon elle, les ravisseurs détenaient déjà une photo de l’avocat. « Il n’a pas été brutalisé. C’est seulement ma fille aînée qui a tenté d’intervenir pour empêcher qu’on emmène son père. Ils l’ont giflée en lui disant de s’écarter, qu’ils ne voulaient faire de mal à personne. Mais ils l’ont emmené quand même », a-t-elle expliqué.

Et d’ajouter. « Je n’ai vu aucun uniforme militaire, mais ils étaient tous cagoulés. J’ai remarqué que l’un d’eux portait un pantalon de type militaire, ce qui laissait penser qu’il s’agissait de gendarmes. Pour moi, ce sont des gendarmes qui sont venus », a-t-elle précisé.

Une attaque contre la justice

« L’engagement de l’avocat pour le respect des règles de droit est consubstantiel à sa mission. Dans aucun État digne de ce nom, la sécurité des avocats ne saurait être compromise », rappelle la déclaration signée par Maître Oumarou Sanda Kadri, président de la Conférence et Bâtonnier de l’Ordre des avocats du Niger.

Face à ce qu’elle considère comme une attaque contre la justice, la Conférence réaffirme son engagement à défendre les avocats dans l’exercice de leurs fonctions et à appuyer toute initiative visant à garantir leur sécurité.

« Quand les avocats sont attaqués, c’est la justice qui est en danger », conclut la déclaration.

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