République Démocratique du Congo : arrestations lors de manifestations contre un projet de révision constitutionnelle qui permettrait au président Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat

Le mardi 15 septembre 2026,  jour de la rentrée parlementaire, ont eu lieu des manifestations de l’opposition contre le projet de révision constitutionnelle en République démocratique du Congo (RDC). Des dizaines de personnes ont été arrêtées. 

Des manifestations ont éclaté dans la capitale, Kinshasa, ainsi que dans plusieurs autres grandes villes du pays. En effet, ce rassemblement avait été appelée par la Coalition Article 64 (C64), une large alliance de l’opposition qui s’oppose aux amendements constitutionnels susceptibles de permettre une prolongation du mandat de Félix Tshisekedi.

Les protestations ont débuté dans le calme à Kinshasa avant que des affrontements n’éclatent entre manifestants et partisans du gouvernement, entraînant l’intervention des forces de sécurité. Des figures de l’opposition ont d’ailleurs accusé les autorités de faire un usage excessif de la force, tandis que le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a affirmé que les protestataires avaient perturbé les activités publiques et que les manifestations devaient se conformer à la loi.

Timothée Mbuya, militant de l’ONG locale Justicia, a indiqué qu’environ 70 personnes avaient été arrêtées dans la province du Haut-Katanga. Quant au coordonnateur provincial de la Commission nationale des droits de l’homme dans le Haut-Katanga, Joseph Kongolo, il révèle que des policiers accompagnés de militaires ont réprimé les manifestants à Lubumbashi, importante ville minière du sud-est de la RDC, ainsi que dans les villes de Likasi et Kasumbalesa. « Un important dispositif policier a été déployé sur tous les lieux de rassemblement où les manifestants se retrouvaient », a-t-il déclaré à la presse.

À Mbandaka, chef-lieu de la province de l’Équateur, dans le nord-ouest du pays, des militants ont indiqué qu’une douzaine de personnes avaient été arrêtées et qu’environ 100 militants avaient été dispersés.

Les modifications constitutionnelles envisagées sont devenues un enjeu politique majeur dans le pays. En vertu de la Constitution actuelle, les dispositions relatives à la limitation des mandats présidentiels ne peuvent être révisées, alors que les changements proposés pourraient ouvrir la voie à des amendements dans certaines circonstances.

Tshisekedi, président depuis 2019, a déclaré qu’il envisagerait de briguer un nouveau mandat si des modifications constitutionnelles étaient approuvées par les électeurs lors d’un référendum.

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