Le camp de réfugiés de Gatumba, au Burundi, un refuge pour des milliers de Congolais fuyant les conflits persistants en République démocratique du Congo (RDC) fait l’objet d’une accusation grave. Censé offrir sécurité et protection, il semblerait que le camp malmènerait les déplacés.
Bertrand Bisimwa, coordonnateur adjoint en charge de la politique, de la diplomatie et de la justice, tire la sonnette d’alarme. » Nous recevons de nombreux témoignages de nos compatriotes au camp de Gatumba, faisant état de répressions violentes, parfois même de tueries, dont seraient victimes ceux qui envisagent de revenir en RDC. Les officiers de l’armée burundaise (FDNBBI) sont cités comme responsables « , il révèle.
Ces récits, recueillis auprès de familles traumatisées et de jeunes effrayés, décrivent des scènes effroyables : intimidations, arrestations arbitraires, violences physiques et menaces constantes.
Les témoignages concordent sur un point alarmant : la responsabilité des forces burundaises dans ces exactions, une accusation qui soulève des questions cruciales sur la protection des réfugiés et le respect du droit international humanitaire. Les conventions internationales stipulent pourtant clairement que les réfugiés doivent être protégés contre toute forme de violence ou de persécution, indépendamment de leur statut.
Bertrand Bisimwa insiste sur la nécessité d’une action urgente. » Il est impératif que la communauté internationale, les organisations humanitaires et les gouvernements concernés agissent pour garantir la sécurité des réfugiés congolais et permettre leur retour dans des conditions dignes et sûres « .
Selon l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR), depuis le début du mois de décembre, plus de 84 000 personnes en provenance du Sud-Kivu ont franchi la frontière vers le Burundi. Ce nouvel afflux porte à plus de 200 000 le nombre total de réfugiés et demandeurs d’asile congolais actuellement présents sur le territoire burundais.