Sénégal : à Dakar, les professionnels de santé et les patients redoutent la pénurie de certains traitements

D’après le journal Le Monde Afrique, une vague d’angoisse possède les professionnels de santé et les patients, tous inquiétés par une véritable pénurie de certains traitements, notamment contre le VIH, ainsi que des tensions sur les contraceptifs et les vaccins antipaludiques.

Principal bailleur de fonds du ministère de la santé sénégalais, l’Agence des Etats-Unis pour le développement International (Usaid) finançait jusque-là 42,7 % de la riposte contre le VIH, quand l’Etat n’en apporte que 29,6 % – le reste étant pris en charge par le Fonds mondial et la coopération française. Si le pays est l’un des moins affectés d’Afrique de l’Ouest avec un taux de prévalence de 0,3 %, (41 880 personnes et 932 décès en 2023, selon les chiffres officiels), l’objectif d’éradiquer la maladie avant 2030 semble désormais compromis.

Présidente du réseau national des organisations des personnes vivant avec le VIH Sida, Soukèye Ndiaye, contaminée il y a vingt ans, craint une régression sans précédent dans le combat contre la maladie. « Le ministre de la santé n’a pas dit ce qu’il entendait mettre en place. Or, nos stocks de médicaments ne peuvent tenir que quelques mois. Comment va-t-on faire face aux nouveaux cas détectés ? J’ai peur pour ma vie et ma santé », a-t-elle confié.

Cette crainte est partagé chez les professionnels. Médecin anthropologue au Centre de recherche et de formation (CRCF) à Dakar, capitale du Sénégal, Khoudia Sow tente depuis l’annonce du gel de l’aide américaine par Donald Trump de rassurer les bénéficiaires d’un accès gratuit aux antirétroviraux (ARV). « Leur angoisse, c’est de perdre la vie stable qu’ils ont réussi à bâtir grâce à ces traitements. Ils me demandent si les médicaments resteront gratuits. Certains ont peur d’en manquer alors ils font des stocks de provisions de trois-quatre mois. Toute cette panique risque d’entraîner une pénurie artificielle », explique-t-elle.

 

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