Sénégal : Accusations sans preuves et meurtre d’un jeune adolescent pour soupçon d’homosexualité … l’organisation RHADDO s’inquiète d’un climat de tension

Après un scandale sexuel qui a offusqué la nation toute entière, le 11 mars 2026, l’Assemblée nationale sénégalaise votait une nouvelle loi renforçant drastiquement la répression visant les personnes LGBTIQ+. Dorénavant, des peines de prison de cinq et à dix ans sont prévues par le code pénal pour « actes contre-nature », ainsi que sont qualifiées les relations homosexuelles. Cette réforme, qui n’est pas encore entrée en vigueur, par son adoption précipitée dans un contexte de forte tension sociale soulève des inquiétudes. Car les  jours suivant cette initiative des événements inquiétants se sont succédé : à commencer le 12 mars 2026, quand le journaliste de Walf, Pape Ndiaye, accusait publiquement et sans fondement trois femmes présentatrices de télé bien connues – dont il a préféré préserver les identités – d’être « les plus grandes lesbiennes » ; et ensuite, il y a la triste date du 14 mars, marquée pas le lynchage et l’assassinat d’un jeune batteur de tam-tam de seulement 17 ans à Tivaouane-Peulh pour de simples soupçons.

Ces différentes situations n’ont pas manqués d’inquiéter l’ONG baptisé Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme (RADDHO), qui travaille pour la protection et la promotion des droits humains au niveau national, régional et international. Auprès du journal LE ROUGE, l’organisation a partagée ses appréhensions visant l’impact social de cette législation. 

Au Sénégal, l’homosexualité a toujours été un sujet qui fâche, et avec  l’approbation de la nouvelle législation votée le 11 mars 2026, surtout à la suite d’un tel vacarme, l’intimité d’autrui est observé à la loupe sur la terre de la Teranga. En effet, la récente loi adoptée, s’il entre en vigueur en l’état, est particulièrement répressif étalant volontairement tels des proies certains citoyens discrets à des jugements et justices sociaux susceptibles de les mettre en danger. Ceci est évidemment dû à la manière dont ce néo code a été approuvé, sous tension et avec emportement.

Le Sénégal adopte une loi pour réprimer plus sévèrement l'homosexualité | France Culture

« … c’est une loi qui a été prise à la hâte… »

A Propos de Nous

Le secrétaire général de la RADDHO, Mouhamadou Seck, le dit lui-même, la nouvelle loi est prématurée et c’est là que se trouve son défaut. « D’abord, il faut dire que c’est une loi qui a été prise suite à des événements liés à l’homosexualité, donc on peut dire que c’est une loi qui a été prise à la hâte », il clame. Selon lui, une décision aussi importante pour un sujet spécialement  sensible tel que l’homosexualité ne peut être prise en des périodes tensionnelles.

L’intimité de plusieurs visages du milieu du divertissement et du journalisme venait d’être révélé au grand public, des relations amoureuses insoupçonnés ont fait la première page des journaux et parlait-on aussi d’une information relative à une provocation volontaire du VIH. Dans un pays à la majorité musulmane, représentant environ 94 % à 97 % des habitants, tandis que 3 % à 5 % de la population est chrétienne – « deux religions qui énoncent la pratique de l’homosexualité » – ces diverses nouvelles sont très vite devenu bien plus qu’une affaire de rubrique People, enflant encore plus une animosité qui était déjà bel et bien présente. Malheureusement, semble-t-il que le débat autour de cette législation du 11 mars ait ravivé certaines tensions déjà présentes dans la société.

« Ce n’est pas à la population de s’inquiéter, de fouiner ou de décider du sort d’un supposé homosexuel. C’est une situation qu’il faut déplorer », alerte calmement monsieur Seck. Notre source précise trouver inacceptable qu’un individu soit tué tout simplement parce qu’il est soupçonné d’avoir une attirance physique et sexuelle pour une personne de même sexe. C‘est normalement une affaire qui relève  de la compétence des forces de défense et de sécurité, et de la justice.

Une confusion à corriger

En plus de sa précipitation et impréparation, la nouvelle loi manque dangereusement de clarté. En effet, au-delà des conditions de son adoption, ce texte soulève également des interrogations quant à son interprétation future. Monsieur Mouhamadou Seck note une légère confusion qui risquerait bien de créer d’accablant soucis à l’avenir ; elle vise la réprobation de l’apologie de l’homosexualité. 

Monsieur Mouhamadou Seck nous l’explique en prenant pour exemple de l’organisation RADDHO dont il est le secrétaire générale. Cette ONG travaille pour la protection et la promotion des droits humains sous plusieurs niveaux (national, régional et international) et dans plusieurs domaines. Par contre, la récente législation pourrait attirer des complications dans leurs activités, et dans celle de plusieurs organisations centralisés sur les droits humains.  » Par exemple, si demain moi en tant que défenseur des droits humains je me lève pour défendre les droits humains d’une personne accusée d’homosexualité, est-ce que je n’entre pas dans le coup de l’apologie de l’homosexualité ?  Si demain, je reçois des fonds, je veux dire des subventions, qui visent la réalisation des projets de droits humains, est-ce qu’on ne va pas y chercher un financement dérobé de l’homosexualité ? « , il questionne.

C’est une défaillance à ne pas ignorer. Sans réelle précision des malentendus risqueraient bien de coûter la liberté à beaucoup, alors que ces derniers ne font que répondre à un devoir et respecter un rôle.

« En tant que défenseur des droits humains, on aura toujours à cœur de protéger les droits humains dans toutes les affaires judiciaires, de veiller à ce que la présomption d’innocence, donc le respect de tous les droits humains des interpellés, soit sauve »

Le texte évoqué dans cet article a été adopté par l’Assemblée Nationale le 11 mars 2026. Il n’est pas encore entré en vigueur au moment de sa publication, en attente de promulgation et de publication au journal officiel.

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