Soudan du Sud : la clinique spécialisée en santé mentale de Mundri menacé de fermeture en raison de rupture de financement

La clinique spécialisée en santé mentale de Mundri, dans l’État d’Equatorial occidental du Soudan du Sud, est menacée de disparition à cause  d’une rupture de financement.

Dévasté par une guerre civile destructrice des biens, mais aussi des hommes, la clinique de Mundri,  l’un des huit sites visant à apporter pour la première fois des soins mentaux à plus de 20 000 personnes, risque bien de mettre la clé à la porte. En effet, tandis que le conflit  perdure, le financement de ce programme de la clinique par des Italiens et Grecs prend bientôt fin, et le ministère de la santé Sud-Soudanais s’en inquiète sérieusement.

Dr. Atong Ayuel Longar, directeur de la santé mentale, ministère de la santé : « En raison de la nature des maladies mentales, il s’agit d’un type de maladie chronique. Ainsi, les gens se rétablissent et vont bien. Mais si nous ne maintenons pas les services qu’ils reçoivent, ils finiront par rechuter à nouveau. »

Pourtant, ce programme lancé en fin 2022, s’est avéré être une bouée de sauvetage pour les patients du sud-soudan où les services de santé mentale sont quasiment inexistants.

La guerre, une véritable cause de suicide 

Au-delà de la violence, la pauvreté est devenue endémique dans de nombreuses régions du Soudan du Sud, dont plus de 90 % de la population vivent avec moins de 2,15 dollars par jour, selon la Banque mondiale. Ce qui aggraverait les problèmes mentaux auxquels de nombreuses personnes sont confrontées.

« Le stress est le problème le plus courant que nous ayons, mais nous ne le reconnaissons pas, parce que nous pensons parfois qu’il est normal. Mais le stress peut déclencher… une autre forme de stress, ou même passer à la dépression, ou autres choses. »  explique Emiru Emmanuel Garia, responsable clinique.

Le sud soudan a le quatrième taux de suicide le plus élevé d’Afrique et se classe au treizième rang mondial, selon les chiffres de l’Organisation mondiale de la santé.

Au Sud-Soudan, le suicide touche principalement les personnes déplacées à l’intérieur du pays et est alimenté par l’enfermement et les pressions liées à la pauvreté, à l’oisiveté, au conflit armé et à la violence sexiste, selon l’Organisation internationale pour les migrations.  Le mois dernier, les autorités de Juba ont tiré la sonnette d’alarme après que 12 cas de suicide ont été signalés en l’espace d’une semaine dans la capitale du Sud-Soudan.

Dernières infos

Partagez cet article

Interagissez avec nous

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut