À l’approche de l’élection du nouveau pape, un rebondissement inhabituel s’est produit autour de l’âge réel du cardinal Philippe Ouédraogo du Burkina Faso. L’âge compte au conclave et on insiste que seuls les cardinaux de moins de 80 ans peuvent participer au vote.
Pendant des années, les archives officielles du Vatican indiquaient que la date de naissance d’Ouédraogo était le 25 janvier 1945. Cela signifiait qu’en 2025, il aurait eu 80 ans, ce qui le disqualifiait du conclave. Son archidiocèse a même célébré son 80e anniversaire. Cependant, une édition révisée de l’Annuaire pontifical a soudainement fixé sa date de naissance au 31 décembre 1945, le laissant presque âgé de 80 ans et toujours éligible.
Interrogé sur cet ajustement inattendu, Ouédraogo a minimisé la controverse, expliquant qu’il était né dans un village rural sans enregistrement officiel de naissance. Devenu prêtre en 1973, il a dû choisir une date – le 25 janvier 1945 – pour adhérer à un régime d’assurance maladie, et le Vatican l’a ensuite adoptée. Son passeport burkinabé, cependant, indique le 31 décembre 1945 comme date de naissance, date désormais inscrite dans les registres du Vatican mis à jour.
Lorsqu’on lui a demandé pourquoi ce changement n’était reconnu que maintenant, sa réponse a été simple mais révélatrice : « En Afrique, les anniversaires n’ont pas d’importance. »
Ouédraogo n’est pas le seul à avoir vu ses archives officielles modifiées. Le cardinal kenyan John Njue avait déjà vu sa date de naissance indiquée comme étant le 1er janvier 1944, avant d’être ultérieurement modifiée au 1er janvier 1946.
Alors que les spéculations se multiplient, une chose demeure certaine : l’élection papale réserve toujours des surprises, et cette fois, le débat ne porte pas seulement sur la doctrine, mais aussi sur les dates.