Sénégal : Le Village LOXO : une passerelle vibrante entre tradition artisanale et innovation pour la jeunesse sénégalaise.

Le Musée Théodore Monod s’est transformé en un véritable écrin de créativité le week-end dernier, à l’occasion de l’ouverture du Village LOXO. En effet, ce projet innovant, porté par le Fonds de Financement de la Formation Professionnelle et Technique (3FPT) en partenariat avec l’Ambassade de France et la galerie 19M, a célébré les métiers d’art sénégalais à travers des expositions, des démonstrations interactives et des ateliers de formation. Ce fut une immersion vivante au cœur du savoir-faire artisanal, où tradition et modernité se sont entrelacées pour inspirer la jeunesse.

Le 25 et 26 avril derniers, ont été marqués par le nombre de visiteurs sur le site. Des élèves venus de différentes écoles de Dakar, encadrés par leurs enseignants, étaient là, curieux de découvrir le village loxo. Certains griffonnent dans leurs carnets, d’autres posent mille questions aux artisans.

« C’est vraiment très beau ! » s’exclame une élève du CFMPL, en uniforme bleu, émerveillée devant le croquis d’un modèle, où un maître designer réalise une démonstration.

En effet, tous les métiers d’art étaient représentés : modélisme, bottier-cordonnerie, broderie, tissage… Chaque artisan, installé dans son stand soigneusement décoré, dévoilait la dextérité de ses gestes, la précision de ses outils et la beauté du travail fait à la main. Le public, composé de familles, de professionnels de la mode, de touristes et d’élèves, circulait de stand en stand, souvent bouche bée devant tant de finesse.

D’après l’un des organisateurs, Touré Sokna, le village loxo n’est pas qu’un projet. « Le projet LOXO vise à contribuer à l’attractivité, à la promotion et à la revalorisation des savoir-faire dans les métiers d’art, par une offre de formation innovante et un accompagnement technique et financier de talents sénégalais », a-t-elle expliqué Touré. Elle a précisé dans le même sens, que les métiers ciblés sont la broderie, la couture-modélisme, la bottier-cordonnerie et le tissage-textile.

Quant au Dr Babo Amadou Ba, directeur général du 3FPT, pour lui, le village LOXO n’est pas seulement une exposition : « C’est une école à ciel ouvert. » Il a rappelé que le projet repose sur trois axes principaux, à savoir : ¨Soutenir la créativité et promouvoir les métiers d’art à travers une offre de formation innovante. Pérenniser cette offre par des partenariats solides entre centres de formation et artisans. Et orienter la jeunesse vers les filières porteuses et durables. »

Une opportunité pour la formation professionnelle

Depuis sa création, LOXO a formé environ 1 020 apprenants issus de divers corps de métiers, qui ont tous reçu des certifications à l’issue de leur parcours. Des formations sont notamment dispensées au Centre de Formation Artisanale (CFA) de Dakar, à l’Institut de Couture et Modélisme (ICSM) et au Centre Africain d’Incubateurs du Futur (CAIF). « Le projet a également permis de renforcer les capacités d’une centaine de formateurs grâce à des masterclasses, tout en soutenant des établissements dans leurs projets d’investissement : acquisition d’équipements, travaux de réhabilitation ou de construction pour des formations dans des conditions optimales » poursuit Amadou.

L’ambassadrice de France au Sénégal, Christine Fages, le rejoint et salue l’initiative, y voyant : « un exemple remarquable de collaboration entre acteurs publics et privés, porté par une volonté commune d’accompagner la jeunesse vers des opportunités concrètes dans les métiers d’art ».

Le ministre de la Formation professionnelle, Amadou Moustapha Ndieck Sarré, a également souligné l’importance du projet : « Le Village LOXO n’est pas simplement une vitrine de talents, c’est un espace vivant où innovation, tradition et jeunesse se rencontrent. » Il a insisté sur la nécessité de miser sur la jeunesse pour assurer la prospérité du Sénégal : « Cela passe par des formations adaptées aux réalités du marché et par l’ouverture à des filières souvent négligées, mais riches en opportunités, comme la broderie, le modélisme, le tissage ou la bottier-cordonnerie. »

Pour les élèves présents, c’est une façon de les motiver et de les pousser à évoluer dans ce domaine. Elève au CFMPL de Dakar, Oumou Kalsoum Sall, nous confie : « Je suis heureuse de participer au Village LOXO. Plus tard, j’aimerais travailler dans le domaine de l’artisanat. Nous sommes financés par le projet pour notre formation en achats et approvisionnements. »

Elle ajoute avoir découvert le fonctionnement de la filière textile et rencontré des figures emblématiques du secteur :« Ce genre d’initiative doit être plus médiatisée. Le projet LOXO reste trop méconnu. Il faudrait en parler davantage pour élargir l’accès et valoriser ce secteur au Sénégal. »

Retenons après ce grand évènement culturel que le village LOXO a célébré le clin d’œil entre la tradition et la modernité.

 

 

 

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