L’Union africaine (UA) lance officiellement sa propre agence de notation financière

Inaugurée le mercredi 7 octobre 2026 à l’île Maurice, l’Agence de notation financière d’Afrique (African Credit Rating Agency, AfCRA) a officiellement ouvert ses portes sous l’égide de l’Union africaine (UA).

Cette initiative répond  à une attente ancienne des milieux d’affaires africains, qui se considèrent comme défavorisés par les agences de notation occidentales, les obligeants à emprunter plus cher en cas de risques de défaut de paiement.

Et donc, l’objectif de la nouvelle agence baptisé AfCRA est de restituer une analyse plus fidèle à la réalité que celle des trois grandes agences de notation américaines que sont S&P, Moody’s et Fitch, accusées d’« exacerber la perception du risque sur le continent », selon un communiqué de l’UA. En effet, ces trois entreprises contribueraient à l’application de « premium africains », c’est-à-dire à fixer des taux plus élevés sur les emprunts.

En effet, selon le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs, 23 pays africains ne sont actuellement notés par aucune des grandes agences internationales. Les modèles utilisés peuvent également mal prendre en compte le poids important de l’économie informelle sur le continent. En 2024, les pays africains ont payé en moyenne près de 9 dollars d’intérêts pour chaque tranche de 100 dollars empruntés sur les marchés internationaux, contre environ 4,70 dollars pour les économies émergentes d’Asie et 6,50 dollars en Amérique latine, selon l’OCDE.

Les trois grandes agences américaines « produisent à peu près 95 % des notations à l’échelle mondiale », rappelle l’UA. Or, « le FMI estime que les pays d’Afrique subsaharienne paient des intérêts plus élevés, d’environ 2,9 points de pourcentage, pour obtenir des prêts, par rapport à des emprunteurs comparables », précise le communiqué.

Les investisseurs garderont un œil sur l’indépendance de la nouvelle agence vis-à-vis des gouvernements africains. Car pour être reconnue sur les marchés, l’AfCRA devra démontrer que ses évaluations sont crédibles et précises, même lorsqu’elles sont défavorables à un État africain. Pour ses promoteurs, l’objectif n’est donc pas d’obtenir de meilleures notes, mais des évaluations jugées plus représentatives des réalités économiques du continent.

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