Amnesty International a exhorté mardi 15 septembre 2026 l’Algérie à abandonner son projet de reprise des exécutions capitales, après la demande du président Abdelmadjid Tebboune, le mois dernier, d’appliquer la peine de mort contre les pyromanes en modifiant le Code pénal, après des feux de forêt meurtriers survenus à l’été 2026.
Amnesty International a vivement appelé mardi les autorités algériennes à écarter le projet de réactivation des exécutions capitales, initié à la demande du président Abdelmadjid Tebboune le 30 août 2026 en raison de divers incendies volontaires de forêts.
En effet, après les récents feux de forêt dévastateurs ayant mené à l’instauration d’un deuil national de trois jours, le chef de l’État a chargé son ministre de la Justice de réviser le Code pénal afin de prévoir et d’appliquer la peine de mort à l’encontre des pyromanes. « On réinstaure la condamnation à mort pour les pyromanes », a-t-il déclaré lors d’une réunion consacrée aux feux en présence de hauts responsables civils et militaire. « Il y aura exécution » une fois les voies de recours épuisées pour les condamnés, a-t-il insisté dans des images retransmises à la télévision.
Cependant, le mouvement mondial Amnesty International estime que les incendies meurtriers de cet été, officiellement responsables de 12 morts, doivent conduire à renforcer la prévention et les poursuites contre les responsables. « Les autorités algériennes doivent immédiatement renoncer à tout projet visant à élargir le champ d’application de la peine de mort ou à reprendre les exécutions après plus de trois décennies sans en avoir pratiqué », s’oppose Amnesty International dans un communiqué, préconisant l’officialisation du moratoire comme « première étape vers l’abolition complète de la peine de mort ».
Le pays observe un moratoire depuis 1993 mais a continué à prononcer des condamnations à mort dans certains cas, notamment liés au terrorisme, sans les mettre à exécution.