Au Bénin, l’Assemblée nationale a tout récemment adopté la loi n° 2026-18 portant Code de la route, qui remplace officiellement un arrêté général colonial datant du 24 juillet 1956. Une étape historique dans sa législation.
Depuis la date du lundi 26 octobre 2026, le Bénin dispose de son premier code de la route. En effet, cette réforme majeure met fin à près de 70 ans de dépendance vis-à-vis d’une réglementation pré-indépendance devenue obsolète.
Un décret poussiéreux de 1956
La réglementation routière du Bénin reposait entièrement sur un arrêté colonial général du 24 juillet 1956 réglementant l’usage des voies routières. À cette époque, le pays s’appelait encore le Dahomey. Ce n’était pas une loi votée par un Parlement béninois, mais un code administratif pris par l’administration coloniale française.
Ce texte est dorénavant considéré inadapté pour diverses raison : la première étant qu’il n’est guère représentatif de la réalité moderne ; en 1956, les routes du Dahomey accueillaient principalement des calèches, des charrettes, des piétons et très peu d’automobiles. Le texte ignorait totalement les réalités d’aujourd’hui comme l’explosion des motos (Zémidjans), les tricycles ou la densité actuelle des grands axes urbains.
Également, Le texte d’origine ne gérait pas les technologies modernes de sécurité. Il n’existait pas de cadre strict pour l’obligation de la ceinture de sécurité, les sièges auto adaptés pour enfants, ou le port obligatoire du casque pour tous les deux-roues.
Ce qu’offre la loi n° 2026-18
La loi n° 2026-18 portant Code de la route, adoptée par l’Assemblée nationale du Bénin le 26 octobre 2026, marque une modernisation historique.
Ce nouveau cadre juridique a pour objectif majeur de s’adapter aux réalités contemporaines de la mobilité urbaine et de lutter contre l’insécurité routière à travers plusieurs réformes clés concernant l’occupation des trottoirs, la sécurité routière à l’école et des actions strictes contre des chauffards.
Visant l’encadrement de l’alcoolémie et des stupéfiants, la loi fixe désormais un seuil légal d’alcoolémie à 0,8 g/l et criminalise la conduite sous l’influence de stupéfiants. De plus, des sanctions sont désormais applicables face aux excès de vitesse, aidant de cette manière à dissuader les comportements à risque. Il s’impose aussi le port obligatoire du casque à la fois pour le conducteur de motocyclette et son passager, ainsi que le port de la ceinture de sécurité aux places avant et arrière des véhicules. Il prévoit aussi des dispositifs de retenue adaptés aux enfants.
Le nouveau code introduit l’enseignement de la sécurité routière en milieu scolaire pour former les usagers dès le plus jeune âge. Avec c 3 200 morts par an, soit neuf Béninois tués chaque jour, les piétons représentent 15 % des tués sur les routes, le gouvernement porte notamment son attention aux présences sur les trottoirs en encourageant toute nouvelle infrastructure à intégrer des trottoirs, des pistes cyclables et des passages piétons qui ne pourront plus être occupés par les commerces.
La conférence a été coanimée par le président de la commission des lois, Orden Alladatin, le ministre du Cadre de vie et des Transports, Georges Alé, et le directeur général du Centre national de sécurité routière, Ariel Sacramento.