L’arrestation du rédacteur en chef de la SenTV, Simon Faye, après la publication d’un article sur le site d’informations Afrique Confidentielle titré « Crise politique au Sénégal : Ouattara convoque Ousmane SONKO à Abidjan », a fait réagir de nombreuse organisations et professionnels du milieu médiatique, inquiétés par un début d’étouffement de leur liberté d’expression.
Après plusieurs heures d’audition à la Brigade des affaires générales (BAG) au palais de justice de Dakar, le directeur et rédacteur en chef de la Zik FM et de la SenTv a été placé en garde à vue pour les besoins de l’enquête. Son avocat, Me Alioune Badara Fall, dénonce une arrestation injustifiée, et s’interroge par la même occasion sur la logique de cette investigation : « Il y a plusieurs sites qui ont publié cet article. Ils ont été clairement identifiés, mais leurs administrateurs n’ont même pas été interpellés. Simon Faye a nié tous les faits qui lui sont reprochés. Il n’est ni l’auteur, ni administrateur du site. Le maintenir en garde à vue relève d’une motivation qu’on peine à comprendre », a-t-il ajouté.
Poursuivi pour diffusion de fausse nouvelles, Simon Faye sera devant le procureur ce lundi 14 avril. Selon Me Fall, aucun élément de preuve ne relie directement Simon Faye à la publication incriminée. Il estime que le dossier est vide et se dit confiant quant à l’issue judiciaire de l’affaire : « Aucun juge ne pourra le condamner pour cette infraction ».
Vague de réaction à l’arrestation de Simon FAYE
Loin d’être rassuré par la tournure des choses, biens des personnalités médiatiques et organisations ont élevés leur voix face à cette censure.
Déjà, le Syndicat des Professionnels de l’Information et de la Communication du Sénégal (SYNPICS) a ouvertement exprimé son soutien sans réserve à Simon Faye, rédacteur en chef suite à son placement en garde à vue. Dans un communiqué le syndicat dénonce fermement cette arrestation et réaffirme sa solidarité avec le journaliste ainsi qu’avec l’ensemble du personnel du groupe de presse D-Media. D’ailleurs, la coalition s’étonne de cette interpellation, soulignant que « Simon Faye, bien que responsable éditorial au sein de D-Media, n’est ni l’auteur ni le premier diffuseur du contenu incriminé ». Le syndicat y voit là une pratique inquiétante, rappelant « les années sombres du régime précédent, marquées par les arrestations arbitraires, les convocations et les emprisonnements ciblés de journalistes ».
Le parti politique La République des Valeurs/Réewum Ngor a également exprimé dans un communiqué son indignation et condamne l’arrestation de Simon Faye. Dans un communiqué parvenu à Dakaractu, la RV estime que le pouvoir en place, sous la houlette du parti Pastef, « poursuit aveuglément sa vague d’arrestations arbitraires dans le seul but de museler les voix critiques ». Cette pratique, consistant à maintenir des citoyens en garde à vue durant tout un week-end, avec pour « seule intention manifeste de les réduire au silence », « est non seulement injuste, mais indigne d’un État respectueux des droits fondamentaux », ajoute le parti de Thierno Alassane Sall qui exprime sa solidarité à Simon Faye.