Le mardi 30 juin 2026 est la date butoir fixée, en dehors de tout cadre légal, par plusieurs organisations anti-immigration aux immigrés sans-papiers pour qu’ils quittent le pays. Que risquent donc les personnes étrangères d’autres nations africaines aujourd’hui ?
Nous nous situons à une journée pleine d’incertitudes et d’interrogations. Quelques jours auparavant, le militant sud-africain très en vue, engagé dans les mouvements anti-immigration, Phakel’ Umthakathi, avertissait dans une vidéo massivement partagée sur les réseaux sociaux les personnes étrangères venant d’autres nations africaines qu’elles avaient jusqu’au 30 juin pour quitter l’Afrique du Sud. Sans trop préciser ce qui se produirait exactement à cette date, il laissait sous-entendre qu’il « ne pourra rien y faire » face à un possible déchaînement de violence qui prendra place.
Le président Ramaphosa prévient
Dans un récent communiqué publié le lundi 29 juin 2026, le chef d’Etat Sud-Africain Cyril Ramamphosa a fermement rejeté l’ultimatum lancé par des groupes de vigilance exigeant que tous les migrants sans papiers quittent le pays d’ici le 30 juin. Il a appelé au calme et a mis en garde contre toute tentative de violence, d’intimidation ou de perturbation de l’ordre public, soulignant que de telles actions ne seront pas tolérées.
« Le droit de manifester est inscrit dans notre Constitution. C’est tout à l’honneur de notre solide système démocratique que les citoyens puissent exprimer ouvertement leurs griefs. Toutefois, le droit de manifester et la liberté d’expression ne permettent pas de menacer ou d’intimider autrui, ni de se livrer à des actes de vandalisme ou de violence », a-t-il noté.
D’après le gouvernement, le 30 juin serait donc une journée de travail normale dans tout le pays, rejetant ainsi les appels de groupes de justiciers en faveur d’une « paralysie nationale » et d’un ultimatum exigeant le départ des immigrés en situation irrégulière. Les entreprises, les écoles et les services publics fonctionnent normalement, tandis que les forces de l’ordre sont en état d’alerte maximale pour prévenir toute perturbation ou acte d’intimidation.
Pas de panique
Phakel’umthakathi a appelé les ressortissants étrangers vivant en Afrique du Sud à ne pas céder à la panique. En effet, s’exprimant à l’issue d’une rencontre avec les immigrés à Johannesburg, il a enfin précisé que cette date ne correspondait à aucun événement ponctuel, mais s’inscrit dans le cadre d’une campagne en cours.