Afrique : le scandale du sucre dans les aliments pour bébés relance le débat sur les standards sanitaires

Une polémique mondiale entoure actuellement le géant agroalimentaire Nestlé En cause : la composition de certains de ses produits destinés aux nourrissons vendus en Afrique, jugés excessivement sucrés par rapport à leurs équivalents européens.

Selon une enquête de l’ONG Public Eye plus de 90 % des aliments pour bébés analysés sur le continent contiennent du sucre ajouté, avec des niveaux pouvant atteindre environ 6 grammes par portion. À titre de comparaison, des produits similaires commercialisés en Europe affichent souvent zéro sucre ajouté. Une différence qui alimente les accusations de “double standard” dans les pratiques de l’entreprise.

Une question de santé publique

Les spécialistes de la nutrition infantile alertent : l’introduction précoce de sucre dans l’alimentation peut favoriser l’obésité, le diabète et installer durablement une préférence pour le goût sucré. Les recommandations de l’Organisation mondiales de la santé  préconisent d’ailleurs l’absence totale de sucre ajouté dans les produits destinés aux jeunes enfants.

Face à ces critiques, Nestlé se défend en affirmant respecter les réglementations locales et adapter ses recettes aux besoins nutritionnels des marchés concernés, notamment dans des contextes où les carences alimentaires restent fréquentes. L’entreprise rejette toute accusation de pratiques discriminatoires.

Reste que cette affaire relance un débat plus large : celui de l’équité des standards sanitaires entre le Nord et le Sud. Pour de nombreuses organisations, il ne s’agit plus seulement d’une question de nutrition, mais bien d’un enjeu éthique global.

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