L’Angola a annoncé dans un communiqué renoncer à assurer la médiation de la crise entre la RDC et le Rwanda. La Présidence angolaise explique les efforts déjà fournis par le Président João Lourenço à qui l’Union africaine avait confié la responsabilité de mener la médiation du conflit entre les deux pays.
L’Angola a d’autres chats à fouetter. Après plus de deux ans de médiation entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda, Luanda annonce la fin de son rôle de médiateur, estimant qu’il est temps pour le pays du président João Lourenço de se recentrer sur les priorités continentales : la paix, les infrastructures, le commerce, la santé publique et les réparations pour les Afro-descendants.
Mais encore, si l’Angola se retire dès maintenant d’une telle responsabilité, c’est d’abord parce que les autorités angolaises constatent que leur médiation s’achève sur deux échecs. Le premier concerne la rencontre manquée en décembre dernier à Luanda entre Félix Tshisekedi et Paul KAGAME. Tandis que le président congolais avait fait le déplacement, son homologue rwandais, lui, ne s’est jamais présenté. Et pourtant, le Rwanda exigeait à ce moment-là que Kinshasa accepte un dialogue direct avec l’AFC/M23. Plus tard, une rencontre se produisit trois mois après au Qatar, à Doha. Une entrevue qui a pris de court le chef de la diplomatie angolaise Antonio Tete, lequel a publiquement exprimé son étonnement.
Le second fait suite à la tentative de dialogue du 18 mars dernier entre Kinshasa et l’AFC/M23. Cette fois, Kinshasa était présent, mais les rebelles du M23 ont décidé de boycotter la discussion en signe de protestation contre les sanctions européennes visant certains de leurs dirigeants. À cela s’ajoute une méfiance croissante entre Kigali et Luanda, qui rendait cette médiation de plus en plus difficile.
Désignation d’un nouveau médiateur
La présidence angolaise a annoncé vouloir travailler avec la Commission de l’Union africaine pour désigner un nouveau chef d’État africain qui reprendra le rôle de médiateur. Ce nouveau médiateur devra collaborer avec les organisations régionales telles que la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) et la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC).
Un sommet virtuel lundi 24 devrait pour officialiser la fusion du processus de Luanda avec celui de Nairobi, dans le but de poser les bases d’une seule et même médiation. Une initiative censée donner de la lisibilité sur les prochaines étapes.