Banque africaine de développement (BAD) : le continent perd chaque année plus de 580 milliards de dollars à cause de la corruption et des sorties illicites de capitaux

Dans un entretien accordé à Bloomberg, le président de la BAD, Akinwumi Adesina, s’est exprimé sur les raisons derrière les nombreuses complications économiques et financières du continent africain. 

Monsieur Akinwumi Adesina illustre cette problématique de manière métaphorique : « Peu importe la quantité d’eau que vous versez dans un seau si le seau fuit. Si vous réduisez les fuites liées aux capitaux illicites et à la corruption, l’Afrique pourra conserver une grande partie de ses ressources et financer ses besoins en infrastructures« .

Selon la Banque africaine de développement (BAD), le continent perd chaque année plus de 580 milliards de dollars à cause de la corruption et des sorties illicites de capitaux. Ces pertes colossales sapent la croissance, accentuent les vulnérabilités économiques et aggravent le fardeau de la dette, qui approche désormais les 2 000 milliards de dollars. Chaque jour, le continent perd ainsi 1,6 milliard de dollars, selon les estimations de l’institution. Dans le détail, 90 milliards de dollars s’évaporent chaque année à travers des flux financiers illicites, 275 milliards disparaissent du fait des transferts de bénéfices par des multinationales, et 148 milliards sont engloutis dans des pratiques de corruption.

Pour Adesina, la lutte contre la corruption et les flux financiers illicites est désormais une priorité stratégique. « L’accès au financement concessionnel et la restructuration de la dette sont importants, mais la véritable bataille est de stopper l’hémorragie interne », insiste-t-il. Les récentes Perspectives économiques en Afrique 2025 publiées par la BAD mettent également en garde contre l’aggravation du poids de la dette. Le cas du Nigeria est emblématique : le pays pourrait consacrer jusqu’à 75 % de ses revenus au paiement des intérêts cette année.

Face à ce constat, la BAD appelle les gouvernements africains à renforcer leurs politiques budgétaires, améliorer la gouvernance et surtout juguler la fuite de capitaux qui prive le continent de ressources vitales pour son développement.

Dernières infos

Partagez cet article

Interagissez avec nous

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut