La salle de musique de l’Université Omar Bongo de Libreville a accueilli, le lundi 16 juin 2025, la première édition du Café Universitaire, une initiative portée par l’Association Makosu et soutenue par le Centre des Œuvres Universitaires du Gabon (CENOU), la maison d’édition Filiga et plusieurs partenaires. L’événement, placé sous le thème évocateur « Nos universités ne sont pas des tombes », a offert une plateforme d’expression à de jeunes auteurs gabonais en quête de visibilité.

En effet, trois jeunes plumes ont été mises à l’honneur lors de cette première édition : Raina Okoumba, avec son œuvre MiNDZOUK, Luce Bellanger, auteure d’Entre rêve et réalité, et Dylan Ovono Mve, avec Mes adieux. Chacune de ces œuvres explore des thématiques puissantes, ancrées dans les réalités sociales et personnelles de la jeunesse gabonaise : les conflits familiaux, les questionnements identitaires ou encore les défis de la succession.
L’initiateur de cet évènement Stéphane Nze Mouele également poète connu sous le nom de La Voix de l’Orphelin a souligné l’importance d’un tel espace : « Le Café Universitaire vise à promouvoir les talents artistiques au sein de nos établissements. Nos universités dorment aujourd’hui, et en tant qu’artistes, nous avons décidé de prendre les choses en main. Il ne faut pas attendre l’État ou une quelconque institution. Nous devons organiser nous-mêmes nos événements. »
Dans le même sens, il évoque les difficultés rencontrées, notamment au niveau du financement : « Comme dans tout projet, certains partenaires répondent favorablement, d’autres non. Heureusement, le CENOU, la maison d’édition Filiga et quelques mutuelles nous ont soutenus. Nous appelons toutes les personnes de bonne volonté à nous rejoindre, car notre ambition est de porter ce projet à l’international, pour créer un réseau d’étudiants artistes africains », a-t-il confié.
Les auteurs n’ont pas hésité à témoigner favorablement à l’issu du premier café littéraire : l’auteur de Mes adieux, Dylan Ovono Mve a regretté le manque d’affluence malgré la qualité des échanges :« L’événement était enrichissant, mais peu fréquenté. Une meilleure communication aurait permis d’attirer plus de monde. Mon livre parle du droit successoral et des démarches administratives souvent négligées. Ce sont des réalités concrètes qui touchent la jeunesse. »
Il appelle également les institutions à soutenir la production littéraire : « Le Gabon regorge de talents cachés. L’État devrait jouer son rôle pour permettre à ces voix de s’exprimer. Publier un livre coûte cher, et sans aide, beaucoup restent dans l’ombre.
Quant à l’écrivaine Luce Bellanger, elle salue l’initiative et y voit une opportunité de rencontre et de valorisation de la littérature nationale :« C’était un plaisir d’échanger avec d’autres auteurs. Ce genre d’événement est essentiel pour mettre en lumière la richesse de la littérature gabonaise » dit-elle.
Dans le public, une spectatrice exprime son enthousiasme tout en soulignant un point d’amélioration :« J’ai été informée par mon amie Luce. C’est une excellente initiative, les messages sont profonds et touchants. Mais il faudrait renforcer la communication la prochaine fois, surtout auprès des étudiants. » Pour elle c’est une perspective d’espoir.
Ce fut donc une rencontre remplie de réflexion intellectuelle autour du livre. Ce café universitaire s’achève ce mercredi 18 mai, d’autres thématiques telles que la création des projets, la valorisation du théâtre et bien d’autres y seront abordées.