Cameroun : Décès de la suisso-camerounaise Koyo Kouoh, patronne du plus grand musée d’art contemporain d’Afrique

Le samedi 10 mai 2025, il a été annoncé par le musée d’art contemporain Zeitz MOCAA du Cap (Afrique du Sud) la triste disparition de la curatrice suisso-camerounaise Koyo Kouoh, patronne du plus grand musée d’art contemporain d’Afrique et première femme africaine désignée pour diriger la Biennale de Venise. Selon son époux Philippe Mall, cité par le New York Times, elle aurait été diagnostiqué d’un cancer. 

Koyo Kouoh quitte ce monde de manière brusque. Désigné le 20 mai dernier comme commissaire pour  présenter la thématique de la prochaine édition de la Biennale d’art de Venise, qui doit se tenir en mai 2026, elle ne parviendra cependant pas à nous révéler le concept à venir.

En effet, la curatrice de 58 ans est morte dans la nuit du 9 mai. La nouvelle s’est très vite propagé suite à la déclaration officielle en ligne du musée Zeitz MOCAA révélant sans plus d’explication le décès soudain de l’une des plus importantes curatrices issues du continent noir. « En signe de respect« , la programmation du musée est « suspendue jusqu’à nouvel ordre« , selon la même source.

Dans un communiqué, la Biennale de Venise a dit être « profondément attristée et consternée » d’apprendre une telle chose. Cette perte laisse « un vide immense dans le monde de l’art contemporain et dans la communauté internationale des artistes, des conservateurs et des chercheurs qui appréciaient son extraordinaire engagement intellectuel et humain« .

Koyo Kouoh

Née à Douala, au Cameroun Koyo Kouoh avait très tôt quitté son pays natal pour la Suisse, où elle avait entamé des études en administration et en finance. Mais c’est dans le monde de l’art qu’elle trouvera sa véritable vocation. En 2008, elle fonde à Dakar RAW Material Company, un espace de résidence et de réflexion critique qui deviendra l’un des foyers les plus féconds de la création contemporaine en Afrique de l’Ouest.

En 2019, elle prend les rênes du Zeitz MOCAA, au Cap, le plus grand musée d’art contemporain du continent africain. Sous sa direction, l’institution retrouve une ambition internationale et une exigence curatoriale reconnue, à travers des expositions puissantes comme « When We See Us : A Century of Black Figuration in Painting » ou encore la rétrospective consacrée à Tracey Rose.

Son engagement inlassable pour l’émergence d’un récit artistique pluriel, décentré, l’a conduite à participer à plusieurs biennales internationales, dont deux éditions de la Documenta à Kassel. Elle n’était pas seulement commissaire : elle était pédagogue, stratège, éclaireuse. Une femme de conviction, à la parole libre, qui n’a cessé de défendre la place des artistes africains dans le concert mondial.

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