Dans une tribune très engagée, l’entrepreneuse et universitaire camerounaise Viviane Ondoa Biwole s’exprime sur le manque d’attention pédagogique face aux dérives sociales et politiques du pays. Elle appelle à un sursaut de responsabilité et d’engagement intellectuel.
Violences extrêmes, crimes odieux, abus sur les plus vulnérables, tensions sociales … autant de maux, mais peu de paroles et d’intervention experte. Cette lacune pousse Viviane Ondoa Biwole à rappeler le rôle exact que doit jouer les universitaires au sein d’une société. Car en effet, l’effacement progressif des intellectuels dans le débat public est également un problème en soi.
L’universitaire, rappelle-t-elle, n’est pas seulement un transmetteur de savoir, il est aussi une conscience critique. « Le rôle des universitaires est aussi de montrer les limites et d’agir quand la situation est si critique », affirme-t-elle, plaidant pour un engagement plus visible et assumé. Pourtant, constate-t-elle, « nous restons spectateurs ».
« Plusieurs faits de société graves et importants se déroulent sous nos yeux sans que les universitaires ne fassent entendre leurs voix »
Face à ce qu’elle décrit comme une forme d’évitement collectif, Viviane Ondoa Biwole appelle à un réveil des consciences. « Notre conscience devrait nous interpeller », insiste-t-elle, avant de conclure sur une invitation claire : redonner du sens à l’engagement universitaire et « vivre pour un but, pour une cause, pour une finalité ».