Cameroun: une fiscalité 2025 faite pour encourager le «zéro déforestation» interpelle Samuel Nguiffo, défenseur de l’environnement

La circulaire relative à l’exécution de la loi de finances 2025 de l’État du Cameroun, prévoit une fiscalité spéciale pour lutter contre la déforestation. Parmi les mesures, est acté un abattement de 20% de la valeur FOB (valeur du produit embarqué dans un bateau pour exportation, NDLR) pour l’hévéa, le cacao et le bois en grumes, et qui disposent « d’un certificat délivré par le ministère technique compétent, attestant de leur conformité aux normes de lutte contre la déforestation ».

Samuel Nguiffo est le directeur du Centre pour l’environnement et le développement (CED) à Yaoundé, capitale du Cameroun. Entant qu’avocat, il porte un intérêt important à la lutte contre la déforestation. Raison pour laquelle, bien qu’il se voit dans cette mesure une volonté de répondre aux nouvelles normes européennes, il s’interroge tout de même sur la certification.

Questionné par la Radio France Internationale (RFI), monsieur Nguiffo a partagé ses craintes visant cette disposition. « Pour le bois, il n’y a pas de norme en matière de lutte contre la déforestation dans la législation camerounaise. Donc, on ne voit pas très bien à quoi est-ce que cet article 10 de la loi des finances fait référence en parlant d’attestation de conformité aux normes en matière de lutte contre la déforestation », explique-t-il.

Davantage moins rassurant, la recherche de Samuel Nguiffo mène à une découverte défavorable concernant cette mesure. « On peut avoir une attestation de conformité à la législation forestière, mais quand on regarde le contenu de la législation forestière, on ne garantit pas la durabilité de l’exploitation du bois », il révèle.

Au-delà de la question de l’applicabilité de cette mesure, Samuel Nguiffo s’inquiète du message qu’elle pourrait transmettre. « C’est un message qui dit,  »vous pouvez continuer à couper du bois en grumes, et vous pourrez même avoir un abattement à l’exportation » », spécifie le défenseur de l’environnement. « Je me serais attendu à ce qu’il y ait un abattement de cette nature-là pour les compagnies qui exportent du bois transformé. Donc il y a une incitation à aller le plus loin possible dans la transformation, à aller vers des produits finis », poursuit-il, estimant que cela pousserait les compagnies à investir dans la transformation au Cameroun.

« Je suis d’avis qu’il faut décourager totalement les exportations de bois en grumes. », il conclut.

 

 

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