L’Agence nationale du médicament et des autres produits de santé (ANMAPS) a franchi une étape historique, mercredi 14 janvier 2026 à Libreville, en recevant la certification ISO 9001:2015. Si ce label consacre l’excellence de l’Agence, il sonne surtout comme un appel urgent à la généralisation de la culture de la qualité au sein de toutes les structures hospitalières du pays.
La cérémonie, tenue à l’hôtel Radisson Blu à Libreville, a réuni le sommet de l’État autour d’un axe important :la sécurité sanitaire. Présidée par la ministre de la Santé, Elsa Nkana Joséphine Ayo épouse Bivougou, en présence du Vice-président du gouvernement et des partenaires stratégiques, cette remise de certificat marque le point de départ d’une mise aux normes globale du système de soins. Pour la ministre de la Santé, la réussite de l’ANMAPS ne doit pas rester isolée. Elle doit devenir le moteur d’une transformation profonde des centres de soins. « La certification ISO 9001 de l’ANMAPS garantit que le processus de régulation repose désormais sur des standards élevés de qualité, de traçabilité, de gestion des risques et d’amélioration continue des performances », a-t-elle déclaré.
Mais au-delà de la régulation, la ministre a insisté sur l’implication directe des structures de terrain. Selon elle, cette rigueur doit s’étendre de l’importation du médicament jusqu’au lit du patient : « Les hôpitaux, les centres de santé, les laboratoires ainsi que les structures publiques et privées doivent s’inscrire dans cette même exigence, car la qualité du système de santé est indissociable de la qualité des produits et des soins délivrés >>.
L’hôpital au cœur de la vision politique
Le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, a rappelé que cette certification s’inscrit dans une volonté politique de protéger les populations. Pour lui, l’excellence de l’ANMAPS doit servir de modèle pour toutes les administrations sanitaires. « Au-delà de la reconnaissance technique, cette certification consacre une vision politique claire : celle d’un État qui place la qualité, la sécurité sanitaire et la protection des populations au cœur de l’action publique. » Traduisant cette vision en directive concrète, il a exhorté le ministère de la Santé à faire de cette expérience un standard national : « Hôpitaux, établissements spécialisés, agences et services techniques doivent s’inspirer de cet exemple et s’engager, chacun à son niveau, dans des démarches structurées et ambitieuses d’amélioration continue de la qualité. C’est là une vision de l’État qui se matérialise ».

Le patient comme juge de la qualité hospitalière
Le directeur général de l’ANMAPS, Ange Mibindzou Mouelet, a souligné que le cœur de la norme ISO 9001 est l’écoute de l’usager. Un principe qui doit désormais devenir la règle dans le parcours de soin du patient. « Aujourd’hui, nous sommes régulièrement évalués par les patients, par les usagers… Nous avons l’obligation de savoir pourquoi le patient n’est pas satisfait. Nous devons tous comprendre pourquoi vous n’êtes pas satisfaits et pouvoir mettre en place des mesures correctives. En mettant l’accent sur la « gestion par les faits », il a précisé que les structures de santé ne peuvent plus progresser au hasard :« Toutes les décisions d’amélioration doivent se prendre sur la base d’une preuve matérielle. Nous devons être capables de prouver que, si nous n’avons pas donné satisfaction, voici ce que nous devons faire pour nous améliorer ».

Délivrée par l’Association française de normalisation (AFNOR), cette certification atteste de la mise en place d’un Système de Management de la Qualité (SMQ) de classe mondiale. En montrant l’exemple, l’ANMAPS place désormais les structures hospitalières face à un défi de taille : se conformer à ces mêmes exigences d’excellence pour garantir aux Gabonais un système de santé digne, sûr et performant.