Coupe du monde de football 2026 : Amnesty International met en garde contre les atteintes aux droits humains

Publié ce 30 mars 2026 sur son site officiel, Amnesty International anticipe le pire et encourage dans son récent communiqué la FIFA et les pays hôtes de la Coupe du monde à empêcher que le tournoi devienne une menace pour les fans et les populations. 

Dans son nouveau rapport intitulé L’humanité doit triompher. Défendre les droits et lutter contre la répression pendant la Coupe du monde de la FIFA 2026, Amnesty International présente les graves risques encourus par les fans, les joueurs, les journalistes, les travailleurs et travailleuses et les populations locales dans les trois pays hôtes que sont le Canada, le Mexique et les États-Unis. En effet, les nations suivantes sont le théâtre d’une crise des droits humains marquée par des politiques d’immigration discriminatoires, des détentions de masse et des arrestations arbitraires par des agents masqués et armés du Service de contrôle de l’immigration et des douanes (ICE), du Service des douanes et de la protection des frontières et d’autres agences.

« Le gouvernement des États-Unis a expulsé plus de 500 000 personnes du pays en 2025, soit plus de six fois le nombre de personnes qui assisteront à la finale de la Coupe du monde au stade Metlife », a déclaré Steve Cockburn, directeur du programme Justice économique et sociale d’Amnesty International.

Les villes hôtes de la Coupe du monde ont subi les conséquences de la répression des droits imposée par le gouvernement des États-Unis. En juin 2025, le président Donald Trump a placé sous le commandement fédéral et déployé à Los Angeles 4 000 membres de la Garde nationale californienne, en réponse à des manifestations contre les opérations menées par les services de l’immigration. Les villes de Dallas, Houston et Miami, qui accueilleront des matchs, ont toutes signé des accords problématiques permettant aux agences locales d’application des lois de collaborer avec l’ICE, ce qui accroît le profilage racial et le ciblage de personnes immigrantes et sape la confiance entre les populations et les responsables locaux de l’application des lois, causant une fragilisation de la sécurité publique.

Quant au Mexique, il a mobilisé 100 000 membres du personnel de sécurité, dont des militaires, en réponse aux niveaux élevés de violence, ce qui accroît les risques pour les personnes prenant part à des manifestations. Parmi les personnes concernées figurent notamment des femmes militantes qui prévoient une manifestation pacifique pour le match d’ouverture au stade Azteca à Mexico, afin d’exiger vérité, justice et réparations pour la disparition de leurs proches.

Et enfin au Canada, les conséquences des Jeux olympiques d’hiver de Vancouver de 2010 et la crise du logement de plus en plus grave ont soulevé des craintes que des personnes sans abri soient de nouveau déplacées et repoussées encore plus en marge. Le 15 mars, les autorités de Toronto ont fermé un centre de réchauffement d’hiver offrant refuge à des personnes sans abri, car le bâtiment avait été réservé par la FIFA.

« Alors que la FIFA génère des revenus records grâce à la Coupe du monde 2026, il est inacceptable que les fans, les populations, les joueurs, les journalistes et les travailleurs et travailleuses paient le prix fort. C’est à ces personnes, et non pas aux gouvernements, aux sponsors ou à la FIFA, qu’appartient le football, et leurs droits doivent être placés au cœur du tournoi », insiste Steve Cockburn.

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