Droits de l’enfant au Sénégal : les acteurs unissent leurs forces pour faire bouger les lignes

À Dakar, la voix des enfants tente de se faire entendre au-delà des rapports officiels et des déclarations d’intention. En effet, du 19 au 20 mars derniers, la Coalition Nationale des Associations et ONG en Faveur de l’Enfant (CONAFE Sénégal) a organisé un atelier stratégique en partenariat avec l’UNICEF et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, afin de mettre en avant les recommandations des comités de suivi des droits de l’enfant, et surtout de traduire ces engagements en actions concrètes sur le terrain.

« La place des enfants n’est pas dans la rue », a lancé avec émotion Marie Bokandji, représentante du Conseil Consultatif des Enfants et Jeunes de Rufisque. À travers ses mots simples, elle a signifié que les enfants attendent des réponses, pas seulement des promesses.

Dans ce sens, la Sécrétaire exécutive de la CONAFE, Justine Laison a souligné que cette rencontre se voulait avant tout un moment de lucidité collective. Elle rappelle que le Sénégal a reçu plusieurs recommandations des organes internationaux, dont le Comité des droits de l’enfant des Nations Unies, le Comité africain d’experts et le Conseil des droits de l’homme. « Ces observations ne doivent pas rester lettre morte. Nous devons nous les approprier, les intégrer dans nos plans d’action, et interpeller l’État pour garantir leur mise en œuvre », insiste-t-elle.

Par ailleurs, elle a spécifié que La CONAFE, en tant que plateforme de coordination de la société civile engagée pour la protection des enfants, veut assumer pleinement son rôle de veille, de plaidoyer et d’alerte. « Il ne s’agit pas de faire du pilotage à vue, mais de travailler dans la direction indiquée par les comités. C’est une question de cohérence et de responsabilité », ajoute Laison.

Des mécanismes en place, mais des défis dans l’application

L’atelier a bénéficié du soutien de l’UNICEF, de ce fait la chef de la section protection de l’enfant, Nicolette Moody, a salué l’initiative. « Les droits de l’enfant sont au cœur de toutes nos actions. Si les politiques existent, il faut désormais s’assurer qu’elles se traduisent dans les faits. Les recommandations pointent justement les domaines où l’on doit agir davantage », explique-t-elle.

Même son de cloche du côté du Haut-Commissariat aux droits de l’homme. Aminata Kebe, coordinatrice du projet d’appui à la protection des enfants victimes de violations de leurs droits, souligne l’importance du rôle critique de la société civile. « Quand les États présentent leurs rapports, ils mettent l’accent sur ce qui a été accompli. La société civile, elle, ramène la réalité du terrain. Elle est indispensable pour une lecture complète et honnête de la situation », affirme-t-elle. Elle précise également que les recommandations émanent des comités d’experts indépendants, et que le Haut-Commissariat agit comme un facilitateur en partageant ces recommandations avec les différents acteurs. ¨Au Sénégal, deux préoccupations majeures reviennent régulièrement : la persistance de la mendicité infantile et l’attente autour de l’adoption du code de l’enfant »,a-t-elle dit avant de chuter.

Ainsi, cet atelier ambionne de co-construire des solutions face à la question des droits de l’enfant, les mots de Marie Bokandji le confirment : « Nous sommes le socle de la société. Protégez-nous pour que nous puissions demain construire ce pays », un appel important ou chaque recommandation issu de cet atelier prend son sens afin de contribuer à l’amélioration concrète de la vie des enfants.

 

 

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