Éthiopie : un commissariat « intelligent » sans policiers, vitrine de la révolution de l’intelligence artificielle

À Addis‑Abeba, dans le quartier de Bole, les autorités éthiopiennes testent un poste de police « intelligent » où les agents sont presque absents, remplacés par des technologies numériques et des systèmes inspirés de l’intelligence artificielle.

À l’intérieur, le décor tranche avec l’image classique d’un commissariat. Pas de guichet, pas de longues files d’attente, ni d’agents appelant les citoyens. À la place, une rangée de cabines équipées d’écrans tactiles permet aux usagers de déposer directement leurs plaintes.
Grâce à ces interfaces numériques, les citoyens peuvent signaler différents incidents : délits, infractions routières ou litiges du quotidien. En quelques clics, ils sélectionnent la nature du problème, saisissent les informations nécessaires, puis soumettent leur déclaration, qui est ensuite traitée par les systèmes informatiques de la police.

Une vue de la machine. © BBC

L’intelligence artificielle au cœur du dispositif

Derrière cette expérience pilote se cache une ambition plus large : moderniser les services de sécurité grâce à l’intelligence artificielle et à la digitalisation. Les autorités souhaitent automatiser une partie des procédures administratives et améliorer la gestion des plaintes. Selon le commandant Demissie Yilma, responsable du département de développement technologique de la police, l’objectif est clair : rapprocher les services de sécurité des citoyens tout en réduisant les lourdeurs administratives. À terme, les données collectées pourraient également être exploitées par des outils d’analyse avancés afin d’identifier les tendances criminelles et d’améliorer la prévention.

La tablette qui sert de récupération pour les plaintes. © BBC

Une vitrine technologique du gouvernement

Dans ce commissariat nouvelle génération, un écran géant diffuse des messages de bienvenue et des images du Premier ministre Abiy Ahmed, illustrant la volonté politique d’inscrire le pays dans la transformation numérique. Pour l’instant, quelques policiers restent présents pour accompagner les usagers et expliquer le fonctionnement du système. Mais les autorités espèrent qu’à terme, ces commissariats intelligents fonctionneront de manière largement autonome. Par ailleurs, cette expérience éthiopienne s’inscrit dans une tendance mondiale où la technologie et l’intelligence artificielle transforment les services publics. Si le projet s’avère concluant, il pourrait être étendu à d’autres quartiers d’Addis-Abeba, voire à d’autres villes du pays.

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