Le jeudi 22 décembre 2025, le corps sans vie du jeune de 13 ans nommé Ngueba Loko Pascal Cameron, disparu depuis plusieurs jours à Libreville, a malheureusement été retrouvé sans vie dans une fosse septique dans le quartier de Nzeng-Ayong. Cette triste découverte a réanimé la peur et l’angoisse encombrant très souvent les foyers gabonais a des périodes supposées garantir festivité et réjouissance, installant désormais à la place une atmosphère anxiogène pleine d’inquiétude et d’appréhension pour les plus petits. En plus de laisser derrière une mère endeuillée, la disparition du petit garçon touche profondément une association dédiée à la protection des victimes d’abus sexuels, de viol incestueux, d’attouchements et d’intimidations au sein de la famille, baptisé Association les Ailes de Bride ; qui culpabilise beaucoup sur cette trouvaille tardive, tout en exposant auprès de notre journal l’irresponsabilité des autorités dans sa recherche.
L’esprit n’est pas à la fête au Gabon. Avec la récente trouvaille du petit Cameron, 13 ans, dans une fosse septique du quartier de Nzeng-Ayong, le peuple Gabonais ne souhaite surtout se mentir à lui-même : les disparitions d’enfants ces temps-ci sont plus qu’alarmant. Et plutôt que de s’impatienter de voir passer chez-soi le père noël, il faudrait éviter des visites malveillantes envers les plus jeunes. La présidente fondatrice de l’Association les Ailes de Bride le dit elle-même très bien : » Ce cas ravive une peur réelle pour la sécurité des enfants et la vulnérabilité des jeunes dans nos quartiers. L’angoisse que ressentent les parents et les proches est indicible, et il est extrêmement douloureux de constater qu’un enfant en allant faire une course banale n’est jamais rentré, avant que son corps ne soit retrouvé dans des conditions tragiques ».
Mme Bekoure Maïma, fondatrice de l’Association les Ailes de Bride, s’est confié à LE ROUGE sur l’affaire. Avec son équipe, elle a accompagné la famille du jeune défunt, de sa recherche allant de 8 heure 30 jusqu’à sa sombre découverte macabre à 23 heure. » Nous avons fait des panels ensemble, nous avons criés, fouillés jusqu’à ce que la famille et moi avions trouvés Cameron dans cette fosse septique », elle partage.
Le rôle ignoré de la police
Pour Bekoure Maïma, la tournure de cette affaire est le reflet d’un véritable échec de la part des autorités. Car, en effet, « plusieurs mesures auraient pu, et peuvent toujours être envisagés » : elle parle d’alerte immédiate coordonnée avec les forces de l’ordre dès la disparition, une implication plus rapide des autorités locales pour centraliser les pistes, des mécanismes de sécurité communautaire renforcés, et surtout, une sensibilisation continue sur la vigilance et la protection des enfants dans les quartiers afin de prévenir de ce type de drame. » Il est essentiel que l’association les ailes de Bride travaille avec le pouvoirs publics, et toutes les structures engagées pour les droits de l’enfant pour éviter qu’un tel drame ne se reproduise », suggère-t-elle.
Outre cela, la sécurité de la famille est également passé sous le nez des forces de sécurité. » Il n’y a eu aucune protection ( garde de relais au domicile des parents) où il y a eu enlèvement, car apparemment les parents de Cameron font l’objet de jalousie entre voisins, aucun voisin n’a été questionné « , elle ajoute.
« Les médias n’ont pas fait leurs travails … »
Notre source a été outrée de remarquer que la disparition, pourtant très discutée socialement entre Gabonais en ligne et dans les rues, n’a reçu aucune attention médiatique. « Les médias n’ont pas fait leur travail », elle dénonce.
Aucune bande d’annonces d’urgence, aucune diffusion de la photo de l’enfant, Radio Gabon n’a fait aucun communiqué, « les panneaux publicitaires à l’entrée de chaque commune devrait être fait, rien »! « La lenteur de communication, l’absence d’informations claires dès les premiers instants, contribuent à une sensation de défaite collective, et donc à une intensification du désarroi« , elle nous explique.
Cette affaire et sa procédure inexistante a inspirée l’association à mobiliser les réseaux pour relayer les avis de recherche, d’offrir un soutien moral et psychologique aux familles et proches touchés, d’alerter les autorités compétentes pour qu’une enquête sérieuse soit menée, et d’engager des actions de sensibilisation plus larges sur la sécurité des enfants dans les communautés. « Notre objectif est de faire en sorte que chaque enfant soit protégé et chaque disparition traitée avec l’attention maximale, sans que les familles ne restent dans l’incertitude ou l’isolement », exprime Mme Bekoure Maïma.
Nous sommes profondément touché(e)s et meurtri(e)s par ce drame qui plonge une famille dans l’horreur et toute la nation dans l’effroi « , elle partage.