Le samedi 10 avril à Dakar, a pris place à la Maison de la presse Babacar Touré la cérémonie de présentation du nouveau livre tout bonnement publié par la maison d’édition sénégalaise Ganndal Afrik : « Du vécu à l’écrit » de la journaliste gabonaise s’exerçant dans la capitale, Thecia Pharelle NYOMBA EKOMIE. Ce bouquin autobiographique révélateur du passé déchirant de la jeune autrice, met en exergue des défis émotionnels et familiaux auxquels le public présent n’a pu être insensible.
Pour un premier pas dans le métier du livre, « Du vécu à l’écrit est un pas de géant » selon le professeur André Marie Diagne BONANE, icône de la littérature africaine, présente à la cérémonie. Grace à la lecture de quelque chapitres du livre, effectué par des proches ami(e)s de mademoiselle EKOMIE lors de ce rassemblement promotionnelle, il nous a été exposé quelques détails attristants, et surtout troublant, auparavant vécu par la désormais autrice de 29 ans. Se présentant certes comme étant un livre autobiographique, « Du vécu à l’écrit » se révèle être aussi une observation plus intime, à travers une expérience propre, d’une problématique qui souille bien des sociétés africaines.
En effet, pour ses débuts en tant qu’autrice, Thecia Pharelle NYOMBA EKOMIE n’a pas voulu tenter outre sujet que sa personne. En se dévoilant sur ses propres traumas et difficulté passée, elle ambitionne d’universaliser ces différents problèmes intimes qui se vivent, ou encore se subissent, dans le mutisme. « Du Vécu à l’Écrit n’est pas simplement un livre. C’est un chemin. Un chemin traversé de silences, de douleurs tues, de joies discrètes, de questionnements constants, mais surtout, de résilience. Écrire ce livre a été un acte de libération. J’ai appris à donner une voix à ce qui, pendant longtemps, était resté enfoui, inexprimé », s’est-elle exprimée.
Devenir le monde
« Le créateur a donné un père et une mère à chaque enfant. Même Jésus a un père adoptif »
C’est un fait que l’on souligne peu souvent mais en Afrique, peu importe la nation, certains foyers sont incomplets. La jeune auteure du livre « Du vécu à l’écrit », Thecia Pharelle NYOMBA EKOMIE fait partie de ces personnes ayant passé une bonne partie de son enfance sans réellement connaître un de ses parents, dont son père – un dénommé Obiang. Une lourde absence ayant chagriné l’enfant curieuse qu’elle était jusqu’à son adolescence, quand elle rencontra enfin ce dernier sans que ceci n’arrange pas pour autant son mal.

Pour le professeur André Marie Diagne BONANE, l’ouvrage « tellement prometteur » de NYOMBA EKOMIE touche là un point sensible que l’on se doit de concéder. » Le créateur a donné un père et une mère à chaque enfant. Même Jésus a un père adoptif. Donc c’est pour dire qu’être privé de son père, ou de sa mère, et ce depuis son enfance est quelque chose de douloureux, quelque chose qui marque beaucoup », affirme madame BONANE.
En effet, le livre autobiographique de NYOMBA EKOMIE se veut surtout thérapeutique pour quiconque le lira. En plus d’y rendre un profond hommage à sa défunte mère, elle dédie aussi son premier écrit à ces nombreuses mamans élevant toutes seules leurs enfants, « avec courage et dignité ». Durant son discours, elle ajoutera encourager plus de famille à la discussion, à l’ouverture d’échange entre les personnes adultes et les bambins. Elle cite : « j’interpelle les parents sur l’importance d’écouter les enfants, de ne pas minimiser leur douleur. Car toute enfance porte en elle des cicatrices silencieuses, et chaque enfant mérite d’être entendu« .
La parole de la jeune autrice a été intelligemment soutenu par le journaliste et critique de cinéma sénégalais Baba DIOP. « En s’ouvrant au monde, vous devenez le monde puisqu’à travers votre expérience inspirante d’autres vont y puiser des sources … », il explique.
A suivre …
Entouré de plusieurs de ses ainés et figures importantes de la littérature, et même de l’univers culturel dans son ensemble, que ce soit le professeur André Marie Diagne BONANE, les journalistes et critiques de cinéma monsieur Sitapha Badji et Baba DIOP, et enfin le Directeur visionnaire des Éditions Ganndal Afrik monsieur Bocar GUIRO, Thecia Pharelle NYOMBA EKOMIE a reçu de leurs parts une pluie d’acclamation, de conseil et d’encouragement.
Le professeur André Marie Diagne BONANE, s’attribuant affectueusement le titre « tata » de la jeune autrice, reste confiante et positive quant au démarrage d’une longue carrière pour l’écrivaine débutante. « Après ce premier livre, il y en aura d’autres », a-t-elle assuré infaillible. Après elle, s’est exprimé au nom de la communauté gabonaise le Président du Conseil des Gabonais du Sénégal – CGS, Prince Mabicka exprimant sa fierté quant à l’accomplissement d’une concitoyenne en terre étrangère, de surcroit dans son pays d’accueil le Sénégal.
« Ce récit, aussi intime soit-il, est un miroir tendu à l’autre. J’espère que chacun y trouvera un écho, une résonance. Parce qu’écrire, pour moi, c’est tendre la main, c’est murmurer à l’autre : « Tu n’es pas seul. » Peu importe la situation, même si elle ressemble à une impasse, il existe toujours un chemin. Pour moi, ce fut l’écriture. Pour toi, peut-être, ce sera autre chose. Mais une chose est certaine : il y a toujours une issue ».