Dans une récente déclaration officielle, le Réseau National des Journalistes Indépendants (RENAJI) hausse le ton par rapport à l’arrestation de son membre et journaliste, Médard Tounda Youbi, incarcéré depuis le 22 avril 2026 à la prison centrale de Libreville. Ce dernier a été cueilli de suite d’une plainte déposée par la membre du gouvernement, Zenaba Gninga Chaning, à cause d’un article de presse.
Le RENAJI ne tarit pas dans son combat pour la remise en liberté du professionnel de média, Médard Tounda Youbi, maintenu en détention depuis bientôt un mois. Selon le syndicat, le journaliste s’était présenté volontairement devant le parquet de Libreville après sa garde à vue à la Brigade du Gros-Bouquet. Le juge d’instruction avait alors ordonné sa mise en liberté provisoire, mais cette décision a été très vite annulée en présence de la famille du désormais détenu et du président du RENAJI. Pour la coalition, c’est un revirement « brutal et inexpliqué » qui suscite de « sérieux doutes sur le respect de l’État de droit ».
En effet, le RENAJI soupçonne un espèce de règlement de compte, plutôt qu’un réel mécontentement des écrits de Médard Tounda Youbi au sujet de la ministre de l’Entrepreneuriat, du Commerce et des PMI-PME, Zenaba Gninga Chaning. L’organisation rappelle que les accusations initiales de diffamation, chantage et extorsion auraient été requalifiées en « menace par voie de fait« . Une évolution qui rend le maintien en prison « disproportionné » au regard de la présomption d’innocence.
Pour Aimé Serge Boulingui, président du RENAJI, « lorsqu’un journaliste est inquiété pour avoir exercé son métier avec rigueur, c’est l’ensemble de la profession qui est interpellé, mais aussi l’État de droit qui est mis à l’épreuve ».
Le réseau dénonce aussi un contexte inquiétant pour la presse gabonaise, avec les récentes arrestations de Harold Leckat, Hervé Simon Ndong et l’enlèvement de Roland Olouba en janvier 2026.