Gabon : l’école reste au point mort malgré l’ultimatum du gouvernement

L’épreuve de force se durcit. Alors que le ministère de l’Éducation nationale exigeait une reprise effective des cours ce lundi 19 janvier, le constat sur le terrain est celui d’une ville morte scolaire. Entre salles de classe désertes et silence administratif, le bras de fer avec les syndicats d’enseignants paralyse le système éducatif gabonais, laissant les élèves dans l’incertitude la plus totale.

Le ministère de l’Éducation nationale avait pourtant été clair : les inspecteurs devaient être présents au sein des établissements ce lundi pour s’assurer du retour des élèves et des professeurs. Mais sur le terrain, ce lundi, la réalité a balayé les injonctions administratives.

Au Lycée Technique Omar Bongo, c’est le silence absolu. Pas un cri d’élève, pas un cours dispensé. Seuls quelques membres du personnel administratif errent dans les couloirs, témoins d’une rentrée fantôme. Le constat est identique au Lycée d’Awoungou, dans la commune d’Owendo, où les salles de classe sont restées désespérément vides.

Le lycée technique Omar Bongo complément vide, le 19 janvier 2026 à Owendo. © Le Rouge

Même l’Excellence est à l’arrêt

Plus inquiétant encore, le lycée d’Excellence Nelson Mandela, d’ordinaire à l’abri des turbulences, semble avoir emboîté le pas. L’absence de reprise dans cet établissement symbolique confirme l’ampleur de la fracture entre la tutelle et le corps enseignant.Pour rappel, le collectif des enseignants SOS éducation avait été clair: <<No money, no school >>.

Une salle de classe vide au Lycée Nelson Mandela de Libreville, le 19 janvier 2026. © Le Rouge

Le conflit entre dans sa troisième semaine de paralysie. Si les revendications des enseignants (primes, conditions de travail, carrières, régularisation administrative, affectation) restent au cœur du blocage, c’est l’avenir des apprenants qui s’assombrit. Pour les élèves en classes d’examens, le compte à rebours est lancé, et chaque jour sans cours réduit leurs chances de réussite aux épreuves de fin d’année

Alors que le dialogue semble rompu, le gouvernement ne peut plus se contenter de simples sommations. Face à une année blanche qui profile son ombre, une réaction concrète face aux revendications sociales est désormais une urgence absolue. Car dans ce bras de fer politique, ce sont les élèves qui, inévitablement, finiront par payer le prix fort.

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