Au Ghana, un rassemblement panafricain s’est réuni vendredi 29 août à Accra pour demander l’annulation de la dette des pays du continent. Répondant à l’appel de la branche africaine de la confédération syndicale internationale, les quelques centaines de manifestants, venus de plusieurs pays africains, ont alerté sur la détresse financière de leurs États.
La manifestation, menée par le Congrès des syndicats du Ghana (TUC) et soutenue par la Confédération syndicale internationale – Afrique (CSI-Afrique), appelait à une refonte radicale du système mondial de la dette qui, selon les syndicats, étouffe les perspectives économiques de l’Afrique. « L’Afrique croule sous le poids de la dette. Plus de la moitié des pays africains sont déjà en situation de surendettement ou courent un risque élevé de le devenir, ce qui empêche les gouvernements de financer des services essentiels tels que les soins de santé, l’éducation, les salaires et la protection sociale », explique une pétition signée par la CSI-Afrique et soumise au gouvernement ghanéen.
Premier producteur d’or en Afrique et deuxième exportateur mondial de cacao, le Ghana commence juste à se relever de l’une des pires crises économiques de son histoire, marquée par un défaut de paiement en 2022 et une inflation qui a culminé à 50 %, ce qui a poussé l’ex-président Nana Akufo-Addo (2017-2025) à solliciter un prêt de 3 milliards de dollars (2,56 milliards d’euros) auprès du Fonds Monétaire International (FMI). « Ces dettes, qui se chiffrent en milliards, sont devenues un obstacle majeur au développement de tout le continent », juge Horde Ayigbe, responsable de la recherche à la CSI.
La pétition demande « l’annulation totale et inconditionnelle des dettes extérieures insoutenables de l’Afrique à titre de justice réparatrice », arguant que les ressources ainsi libérées devraient être consacrées à l’emploi, aux salaires, à la protection sociale et à la résilience climatique.
Le ministre des Finances du Ghana, Cassiel Ato Baah Forson, a cependant tenu à nuancer cette revendication face aux manifestants. « La façon dont on utilise la dette est également importante. Si nous utilisons bien nos dettes, on doit pouvoir les rembourser. On ne peut pas être à toujours demander l’annulation de la dette si nous continuons de mal l’utiliser », a-t-il prévenu.