Ghana : Les Ghanéens manifestent à Accra, accusent les Nigérians d’être responsables de l’insécurité et exigent leur expulsion

Selon le Sahara Reporters, des Ghanéens ont organisé samedi une manifestation au populaire Obra Spot à Accra, exigeant l’expulsion immédiate des Nigérians de leur pays en raison de leur implication présumée dans la criminalité et les vices sociaux. Cette protestation intervient dans un contexte de tensions croissantes entre les citoyens ghanéens et certains segments de la communauté nigériane, suite à des incidents répétés d’activités criminelles imputées à des ressortissants étrangers.

Le samedi 26 juillet, les ghanéens étaient de sortie en grand nombre. Pancartes en mains, ils exprimaient à l’unisson une pensée commune qu’ils ne pouvaient plus refoulés :« Les Nigérians doivent partir », « Mettre fin aux enlèvements », « Mettre fin à la prostitution », « Mettre fin aux vols à main armée », « Mettre fin à la fraude » et « Mettre fin aux meurtres rituels ». Dans une vidéo virale, on peut voir plusieurs manifestants drapés dans le drapeau national ghanéen tandis que d’autres portent des vêtements rouges, un symbole traditionnel de résistance.

Ces derniers accusent certains Nigérians d’alimenter l’insécurité et la décadence morale au Ghana, avec des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : « Qui protège les droits et la liberté des Ghanéens ? », « Les Nigérians kidnappent et utilisent des gens pour des rituels » et « Nos enfants disparaissent à cause des Igbos ». « Nous savons que nous faisons tous partie de la CEDEAO, mais quel est le but de cette forte présence nigériane au Ghana ? Que viennent-ils vraiment faire ici ? Maintenant, ils nous tuent. Un temps viendra où vous et moi, et même nos enfants, ne pourrons plus sortir, acheter quoi que ce soit et revenir sains et saufs », a témoigné un des manifestants présent.

La communauté ethnique Igbo, principale suspecte

« La Chine poursuit les Nigérians, l’Afrique du Sud poursuit les Nigérians, l’Ouganda poursuit les Nigérians. Pourquoi s’agit-il toujours des Nigérians, en particulier des Igbos et du soi-disant “roi Igbo” ?  Ce message lui est adressé : il devrait cesser de se proclamer roi de ce pays », s’est exprimé un autre manifestant.

SaharaReporters a rapporté le 8 juillet que des manifestations et un débat public intense ont éclaté dans certaines régions du Ghana suite à l’investiture d’un chef traditionnel igbo, Eze Chukwudi Ihenetu, comme « Eze Ndi Igbo Ghana » (roi du peuple igbo du Ghana). Cette évolution a déclenché un débat complexe autour des questions de souveraineté, d’identité culturelle et des limites du leadership des communautés étrangères dans le pays.

Les organisations de jeunesse d’Accra et de la région de l’Est ont mené le tollé, qui s’est intensifié après la large diffusion en ligne de photos du somptueux palais d’Eze Ihenetu à Accra, arborant des emblèmes royaux et une architecture élaborée. Suite à cette controverse, le Conseil des chefs traditionnels du Sud-Est a récemment aboli l’utilisation du titre « Eze Ndigbo » par les chefs igbos résidant hors de leur territoire.

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