Invité à s’exprimer sur le journal Afrique de Radio France Internationale (RFI) le vendredi 06 mars 2026, le coordinateur du Forum des forces sociales de Guinée (FFSG), Abdoul Sacko, exilé à l’étranger depuis près d’un an, a dénoncé l’évasion de plus en plus importante des cadres guinéens pour d’autres nations.
La Guinée sous l’administration du président Mamadi Doumbouya ne donne pas envie. D’après ce que rapporte Abdoul Sacko, coordinateur du Forum des forces sociales de Guinée (FFSG), quelques citoyens du pays délaissent leur terre pour d’autres horizons; une sombre circonstance qui illustre un décalage entre les espoirs suscités par le coup d’État du 5 septembre 2021 et la perception actuelle de la gouvernance. « De plus en plus de Guinéens fuient le pays : des entrepreneurs, des universitaires, des magistrats, des artistes et même des militaires », il révèle.
Pour Abdoul Sacko, ce mouvement est très révélateur d’un sentiment d’insécurité politique et sociale qui pousse certains citoyens disposant de moyens financiers à anticiper un avenir meilleur pour leurs familles. Il explique : « Ceux qui ont les moyens font sortir leurs familles pour les mettre à l’abri « . Et ce n’est pas une décision exclusivement entreprise par des personnes lambdas, puisqu’il affirme également que certaines personnalités occupant des fonctions publiques importantes, elles aussi, en font de même dès que l’occasion se présente. « Lorsque quelqu’un devient ministre ou directeur et qu’il a les moyens, le premier réflexe est de faire sortir sa famille du pays« , il partage.
Une déception trop grande
La Guinée s’était permise d’espérer après le coup d’État du 5 septembre 2021 contre l’ancien président guinéen Alpha Condé, suivant une réélection controversée pour un troisième mandat. Cependant, le meilleur que beaucoup pensaient à venir n’est pas prêt d’arriver ou même se montrer.
« Ce coup d’État où des jeunes gens ont déclaré vouloir rectifier des erreurs commises depuis l’indépendance avait suscité de l’espoir. Au lieu de consolider les acquis démocratiques et renforcer les dynamiques de réconciliation nationale, cette gouvernance se transforme aujourd’hui en une aggravation des fractures mémorielles », estime Abdoul Sacko.
À travers ces déclarations, Abdoul Sacko exprime les inquiétudes d’une partie de l’opinion sur l’évolution de la situation politique et sociale en Guinée, tout en appelant implicitement à des réformes capables de restaurer la confiance et de renforcer la stabilité nationale.