Ce lundi 02 juin, le militant kényan des droits humains Boniface Mwangi s’est ouvert en larme sur son expérience de détention en Tanzanie, après son soudain enlèvement mi-mai dans un hôtel de Dar es Salaam.
Libéré le 22 mai 2025 par les autorités tanzaniennes, soit deux jours après sa disparition, aucune question ne s’était posé quant aux circonstances de l’emprisonnement du célèbre militant Kenyan Boniface Mwangi. Aujourd’hui, il nous révèle les « tortures sexuelles » dont il a été victime.
L’activiste ougandaise Agather Atuhaire, avec qui il avait été enlevé, avait déjà dénoncé des exactions similaires auprès de l’AFP. Tous deux avaient été arrêtés le 19 mai dans la capitale économique Dar es Salaam, où ils s’étaient rendus en soutien au chef de l’opposition tanzanienne Tundu Lissu, qui comparaissait devant la justice pour trahison, des poursuites passibles de la peine de mort.
« Ce qu’ils nous ont fait, cela me brise »
« Je hurlais tellement fort que je ne pouvais plus respirer. Je n’avais même pas de larmes tellement c’était douloureux », raconte monsieur Mwangi, narrant les coups à répétition sur la plante des pieds, mais aussi l’insertion de doigts et d’objets dans son anus.
Pendant que ceci se produisait, « ils me disaient : « Dis +asante (merci en swahili, NDLR) Samia+ », en référence à la présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan, a-t-il partagé dévasté. « Ils t’arrêtent, ils te font subir de la torture sexuelle et te disent que si tu parles, ils le rapporteront à ta famille ».
L’opposition tanzanienne et les ONG de défense des droits humains dénoncent la répression politique de la part de l’exécutif de la présidente Samia Suluhu Hassan, qu’ils accusent de retomber dans les pratiques autoritaires de son prédécesseur John Magufuli (2015-2021)
« Ce qu’ils nous ont fait, cela me brise », a témoigné M. Mwangi, se déplaçant dorénavant sur des béquilles, les pieds dans des attelles.