Le mardi 26 mai 2026, l’administration américaine confirmait la création prochaine d’une structure médicale à Nairobi qui accueillera spécifiquement des ressortissants américains exposés au virus Ebola en République démocratique du Congo (RDC). Cette ambition est fermement rejetée par la population kényane, visiblement craintive d’être ainsi exhibée à des contaminations dans le pays.Â
Des féroces manifestations ont premièrement éclaté le lundi 1er juin autour de la base militaire de Laikipia, dans le centre du Kenya. Quelques centaines de protestataires sont venu exprimés leurs désapprobation visant l’installation sur cette base aérienne, située près de la ville de Nanyuki, d’un centre de quarantaine destiné à accueillir des ressortissants américains potentiellement exposés au virus Ebola, qui sévit en ce moment en République démocratique du Congo (RDC).
Deux protestataires ont été tués lors des affrontements avec les forces de sécurité. Sur la plateforme X, le directeur de l’ONG de défense des droits humains Vocal Africa, Hussein Khalid, a indiqué qu’un homme de 27 ans avait « reçu une balle dans la poitrine/l’épaule et est mort sur le coup ». Il informe également sur un second décès qui reste encore être identifié.
Le jour suivant, le mardi 02 juin 2026, un autre rassemblement s’est fait avec une poignée de participants, vêtus d’équipements de protection blancs et qui portaient un cercueil sur lequel était inscrit « Ebola ». Au moins six personnes ont été arrêtées.Â
La justification du président Ruto
Le président kényan William Ruto a évidemment défendu la mise en place par les États-Unis d’un centre de quarantaine pour les patients atteints d’Ebola dans son pays.
Selon le chef d’Etat, les États-Unis entretenaient un partenariat de longue date avec le Kenya en matière de santé et que le centre de quarantaine de la base aérienne de Laikipia était l’un des 24 centres établis en prévision d’une épidémie d’Ebola dans le pays. Le pouvoir américain prévoit d’ailleurs d’investir 13 millions de dollars sur cette collaboration sanitaire.
« Le gouvernement américain souhaite travailler en partenariat avec nous pour développer les capacités nécessaires afin de garantir que, si jamais nous avions besoin d’une installation, celle-ci soit là pour servir le peuple kényan et nos amis, y compris les Américains« , s’est défendu lundi soir le chef de l’Etat, William Ruto, devant la presse depuis la ville de Wajir (nord).
Et pourtant …
Depuis la date du vendredi 29 mai, un tribunal kényan a suspendu l’accomplissement de ce projet américain. En effet, l’Institut Katiba, une organisation créée pour défendre la Constitution kényane, et l’Ordre des avocats du Kenya ont contesté séparément toute présence d’installations liées à Ebola. L’union des avocats a demandé à la justice d’annuler tout accord signé entre les États-Unis et le Kenya concernant ce projet, invoquant des risques pour la santé publique et un manque de consultation publique ; pareillement dans la requête de l’organisation de défense des droits humains qui a averti sur les risques « graves et imminents » pour la santé publique.
Un juge de la Haute Cour a interdit à toute administration étrangère d’ouvrir un centre de quarantaine pour les patients atteints d’Ebola au Kenya jusqu’à ce que l’affaire soit examinée. Le mardi encore, cette suspension a été prolongée.