L’opposante et avocate kényane, Martha KARUA, également candidate à l’élection présidentielle du kenya prévu pour l’année 2027, a été refusée d’entrée en Tanzanie ce dimanche 18 mai 2025 alors qu’elle devait assister en tant qu’observatrice à une audience de l’opposant tanzanien, Tundu Lissu, inculpé en avril pour « trahison » et menacé de la peine capitale. Elle a accusé les autorités tanzaniennes de chercher à « détourner la loi pour emprisonner le principal opposant ».
Martha KARUA n’a effectué qu’un court parcours en Tanzanie, et ça n’a été qu’à l’aéroport. Le dimanche 18 mai, l’avocate de profession ainsi qu’une défenseuse des droits humains, ont été arrêtées dès leur arrivée à l’aéroport de Dar es Salaam, détenues pendant plusieurs heures avant d’être renvoyées au Kenya.
Madame KARUA souhaitait assister à la comparution devant la justice de l’avocat et homme politique Tanzanien Tundu Lissu, accusé de trahison. Une inculpation à laquelle Martha KARUA s’y oppose fortement : « Tundu Lissu a été arrêté parce qu’il a lancé un appel : « pas de réformes, pas d’élections ». Quelle loi a-t-il transgressée en demandant à ce qu’il y ait des réformes en Tanzanie ? Et s’il a bien enfreint la loi, pourquoi est-ce que les autorités craignent que des observateurs assistent au procès et s’assurent qu’il soit libre et équitable ? J’en appelle au gouvernement tanzanien et à Samia Suluhu : abandonnez les charges retenues contre Tundu Lissu et cessez de courir après des chimères », s’est-elle exprimé face à la presse à l’aéroport.
La coalition tanzanienne des défenseurs des droits humains s’est dite « choquée et bouleversée » par la détention des trois Kényanes. Le secrétaire général de Chadema, le parti de Tundu Lissu, a, lui aussi, condamné leur arrestation. S’adressant à la présidente tanzanienne, il a écrit sur le réseau social X : « la solution pour éviter l’embarras d’un faux procès de trahison n’est pas d’empêcher l’entrée d’avocats étrangers, mais bien d’abandonner l’affaire ».
Chadema a été exclu des prochaines élections après avoir refusé de signer un nouveau « code de conduite électoral ». Pour le parti, ce nouveau code n’incluait pas les réformes qu’il exigeait.