Dans un rapport, l’Union africaine s’inquiète des flux financiers illicites, ces transactions qui échappent aux taxes et passent sous les radars des États du continent, comme le blanchiment d’argent, la corruption, le financement du terrorisme et les transferts de capitaux à l’étranger. Ces flux entraînent de sérieuses pertes évaluées à 88 milliards de dollars par an pour les États et donc pour le financement des politiques publiques comme l’éducation ou la santé.
Un nouveau rapport du Secrétariat du Panel de haut niveau de l’Union africaine sur les flux financiers illicites (UA HLP-IFF) révèle que la plupart des pays africains ne respectent pas les normes juridiques et institutionnelles nécessaires pour lutter efficacement contre les flux financiers illicites (FFI). Le document souligne également l’absence d’une stratégie cohérente et coordonnée à l’échelle continentale pour s’attaquer à ce fléau.
Intitulé « Réussites et défis dans la mise en œuvre des recommandations du Panel de haut niveau de l’Union africaine sur les flux financiers illicites », le rapport note que les évolutions géopolitiques mondiales de la dernière décennie ont rendu l’Afrique encore plus vulnérable aux FFI. La rivalité entre les États-Unis et la Chine, la pandémie de Covid-19, la guerre en Ukraine ainsi que la nouvelle géopolitique du changement climatique et de la dette souveraine figurent parmi les principaux facteurs aggravants.
Pourtant, dans la lutte contre les transactions illégales, l’Union africaine a mis en place plusieurs outils comme une plateforme panafricaine de coopération ou plusieurs groupes de travail avec pour objectif : récupérer les avoirs volés à l’étranger ou contrôler des secteurs très sujets aux exportations non-déclarées comme le secteur minier. Au niveau national, de nombreux pays africains ont mis en place des Unités de renseignement financier ou des Unités fiscales spécialisées.
Cependant, selon le rapport de l’Union africaine (UA), ce n’est pas suffisant et ces institutions ne sont pas assez efficaces. Les experts de l’institution continentale pointent le la forte dépendance de l’Afrique à l’égard des exportations extra-régionales qui accentue son exposition aux chocs économiques externes et aux activités financières illicites.
Ces conclusions soulignent l’urgence d’adopter une approche plus globale et coordonnée pour endiguer les flux financiers illicites à travers le continent.