Dans une récente interview sur le média en ligne français Konbini, le chanteur et compositeur Tayc a confié ne pas être emballé à l’idée d’investir le moindre sou au Cameroun. Cette hésitation s’explique par un environnement conflictuel régnant dans les régions anglophones de la nation.
Tayc a livré un témoignage rare sur son rapport au Cameroun. Durant un entretien sur le podcast Small Talk de Konbini, l’artiste a révélé ne pas être intéressé à investir au Cameroun en raison de la crise du NOSO (Nord-Ouest et Sud-Ouest), débutée fin 2016 et devenue un conflit armé en 2017 qui oppose le gouvernement à des séparatistes réclamant l’indépendance de « l’Ambazonie ». C’est une crise né des revendications anglophones contre la marginalisation.
Au regard du chanteur français, cette situation est bien plus qu’un soucis politique, c’est une affaire de famille. En effet, la mère de Tayc est originaire de Bamenda, chef-lieu de la région du Nord-Ouest, tandis que son père vient de Fotouni, dans l’Ouest. Cette double appartenance le lie intimement aux deux facettes du pays. Cependant, avec ce qui se passe, l’une de ces régions lui est devenue inaccessible par famille interposée. « Je ne peux pas mettre des ronds là où ma propre mère n’est pas la bienvenue », il partage.
Il se compte déjà dix années depuis que la mère de Tayc n’a pas remis les pieds à Bamenda. Cette dernière est retenue par la peur, l’appréhension ce qui pourrait bien lui arriver si elle retournait dans cette région anglophone en proie à des violences récurrentes depuis 2016. Ce conflit oppose des groupes séparatistes aux forces de défense camerounaises, et a fait des milliers de morts et de déplacés. Des villages entiers ont été désertés, des écoles brûlées, des vies brisées.
Le matin même de l’enregistrement du podcast, Tayc raconte avoir reçu un appel de son oncle. Ce dernier l’exhortait à venir investir au pays, à participer au développement, mais l’artiste de 29 ans s’y est très vite opposé. Il continuera à donner des concerts au Cameroun, à poursuivre ses œuvres caritatives, mais « Le cœur ne peut pas y être à cent pour cent « .