Pour la première fois de son histoire culturelle, le Gabon lance son concours national Miss Littérature. Une initiative portée par le Festival international du livre gabonais (FILIGA), qui inscrit le pays parmi les treize nations engagées dans la biennale Miss Littérature 2026-2027. Plus qu’un concours, le projet se veut un manifeste : célébrer la beauté intellectuelle des jeunes filles et raviver leur intérêt pour la lecture et l’écriture.
Créé en 2016 par la Béninoise Carmen Toudonou, actuelle présidente du concours panafricain, Miss Littérature se distingue des compétitions classiques en mettant l’accent sur la culture générale, l’art oratoire et la créativité littéraire plutôt que sur les critères physiques. « Notre vision est de contribuer à former la relève littéraire féminine africaine », a-t-elle expliqué. Aux côtés du Gabon, participent à cette aventure continentale le Bénin, le Burkina Faso, la Centrafrique, le Cameroun, le Congo, la Côte d’Ivoire, la Guinée Conakry, le Mali, le Niger, le Sénégal, le Tchad et le Togo.
Une riposte culturelle face au désamour du livre
Au Gabon, où plusieurs écrivains déplorent le désintérêt croissant de la jeunesse pour la lecture, ce concours apparaît comme une réponse stratégique. Ouvert aux jeunes filles âgées de 18 à 24 ans, il ambitionne de promouvoir les œuvres gabonaises tout en révélant de nouveaux talents. Les inscriptions, ouvertes depuis le 10 février, se clôtureront le 20 mars, pour une grande finale nationale prévue le 30 mai 2026.
Selon la vice-présidente du FILIGA, Isabelle Léa Ozoumzey, cette première édition vise à « promouvoir la beauté intellectuelle de la jeune fille » à travers un programme exigeant. Les candidates bénéficieront de formations en art oratoire, en écriture, en orthographe et en compte rendu de lecture, faisant du concours une véritable école d’excellence littéraire.
Au-delà de la compétition, le comité d’organisation met en avant les échanges culturels entre pays participants ainsi que les retombées touristiques et économiques attendues. La lauréate gabonaise remportera notamment des voyages, des lots de livres, une récompense financière et l’édition de son premier ouvrage, tous frais payés, avant de représenter le pays face aux douze autres nations en lice pour le titre continental.
Avec Miss Littérature, le Gabon affirme ainsi sa volonté de placer la culture et la jeunesse féminine au cœur de son développement, en faisant du livre un vecteur d’émancipation et de rayonnement.