« Le monde est à l’aube d’une nouvelle ère dangereuse … », Amnesty International alerte sur l’aggravation des droits

L’ONG Amnesty International a rendu public le mardi 21 avril, son rapport annuel consacré à la situation des droits humains dans le monde. L’organisation y décrit une dégradation continue et généralisée des libertés fondamentales, marquée par une intensification des violations sur tous les continents. États, gouvernements, forces de sécurité mais aussi acteurs privés sont directement mis en cause.

Le monde est à l’aube d’une nouvelle ère dangereuse, caractérisée par des attaques de grandes puissances, d’entreprises et de mouvements anti-droits contre le multilatéralisme, le droit international et les droits humains, a alerté Amnesty International mardi 21 avril 2026 à l’occasion du lancement de son Rapport annuel, La situation des droits humains dans le monde. Ce document, ainsi que les autres publiés cette année, détaillent des crimes de droit international généralisés et une multiplication des attaques contre le système de justice internationale, qui portent gravement atteinte aux fondements sur lesquels reposent les droits humains au niveau mondial.

Selon Amnesty International, l’Afrique de l’Ouest et du Centre figure parmi les régions les plus touchées. La situation y est jugée particulièrement préoccupante en raison de la multiplication des crises sécuritaires, politiques et humanitaires. Les conflits armés en cours continuent d’entraîner des conséquences dramatiques sur les populations civiles, notamment en République démocratique du Congo, au Soudan, en Somalie, au Burkina Faso et au Mali. Les civils restent les premières victimes des violences, des déplacements forcés et des crimes de guerre.

Également, le rapport met en lumière une augmentation inquiétante des disparitions forcées, des détentions arbitraires et des actes de torture dans plusieurs pays de la région. Ces pratiques, souvent commises par des forces étatiques ou des groupes armés, contribuent à un climat de peur et de répression.

Une ombre de résistance

Malgré ce tableau largement sombre, Amnesty International note que l’année 2026 s’inscrit dans la continuité de ces tendances, tout en relevant quelques avancées notables. Certaines mesures positives ont été observées, notamment dans la lutte contre les violences basées sur le genre et la libération de personnes détenues arbitrairement. Au Togo, l’ouverture d’une enquête sur les massacres de manifestants survenus en juin 2025 est présentée comme un signal encourageant.

« Des rues des villes aux forums multilatéraux, l’année 2025 a été marquée par des manifestations puissantes de résistance et de solidarité de la part de manifestant·e·s, de diplomates, de responsables politiques et de nombreuses autres personnes à travers le monde. Nous devons suivre leur exemple et nous inspirer de leur courage pour bâtir des coalitions solides visant à réimaginer, reconstruire et recentrer l’ordre mondial autour des droits humains, de l’état de droit et des valeurs universelles », a déclaré l’experte française des droits de l’homme, Agnès Callamard.

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