Le recrutement de 59 enseignants-chercheurs sénégalais par la République de Guinée fait polémique au Sénégal, les professeurs d’universités apportent des précisions

Dans un communiqué daté du 5 janvier 2025, le ministre sénégalais de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI), Daouda Ngom, s’est insurgé contre le recrutement d’une soixantaine d’enseignants-chercheurs sénégalais dans la sous-région. Monsieur Bouya DIOP, professeur titulaire des universités à la retraite, tente d’apaiser le mécontentement national en y apportant des détails grandement ignorés. 

Le Sénégal boude, n’appréciant guère la fuite récente d’un nombre important de ses cerveaux sénégalais vers des pays voisins. Amer, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI), Daouda Ngom, a rappelé dans sa note les quelques lois du pays visant l’emplois et l’éducation.

Monsieur Ngom revient sur « la loi numéro 61-33 du 15 juin 1961, relative au statut général des fonctionnaires, modifiée, consacre en son article 9 le principe d’exclusivité de l’emploi dans la fonction publique et prévoit de façon limitative les modalités de cumul ». « L’article 11 de la loi numéro 81-59 du 9 novembre 1981, portant statut du personnel enseignant des universités, régit les modalités d’utilisation hors cadre des agents concernés », a-t-il ajouté.

 Pas une “fuite de cerveaux”, mais une ”circulation de compétences » dans un espace africain commun

Le recrutement de 59 enseignants-chercheurs sénégalais par la République de Guinée ayant suscité une vive polémique au Sénégal, a poussé certains universitaires à apporter des précisions pour dissiper, selon eux, les ”amalgames”, en révélant la présence dans ce lot de retraités, de doctorants ainsi que des vacataires.

‘’le savoir est universel, on ne peut pas nous empêcher de circuler, de partager nos compétences”

 

« Parmi les 59 recrutés, seulement 7 ou 8 viennent actuellement des universités sénégalaises. La majorité [des enseignants] sont de jeunes docteurs, des post-doctorants, parfois enseignants à l’étranger, qui n’ont pas eu d’opportunités au Sénégal. D’autres sont des retraités, comme moi, sans lien administratif avec l’université’« , a affirmé dans un entretien avec l’APS Bouya Diop, professeur titulaire des universités à la retraite.

D’après monsieur Diop, l’État guinéen aurait lancé un appel à candidatures international, après avoir examiné les critères, ils ont été plusieurs à soumettre leurs dossiers et projets. « Nos candidatures ont été retenues de manière transparente », il spécifie.

Auprès de lui, son collègue enseignant-chercheur Saliou Ndour, qui accuse un mauvais traitement médiatique de cette information, conduisant ainsi à une polémique qui n’en est pas vraiment une. « Certains ont publié la liste sans chercher à comprendre qui est qui. Nous ne fuyons rien. Nous ne cherchons pas l’argent de la Guinée. Nous avons accompagné ce pays bénévolement pendant des années, comme dans d’autres pays africains », dénonce l’anthropologue avant d’ajouter, « malgré notre départ de la fonction publique, nous continuons à servir académiquement. Nous sommes toujours actifs, et c’est pour cela que nous avons répondu à l’appel de la Guinée’’. 

La patrie ou non

Le ministère sénégalais de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) a rappelé aux enseignants-chercheurs en poste dans les universités publiques sénégalaises et recrutés parallèlement par la Guinée qu’ils devront faire un choix clair entre les deux pays.

En effet, selon une source de L’Observateur travaillant au sein du ministère, « ceux qui ont choisi de monnayer leur aptitude ailleurs tout en restant sous contrat avec l’État du Sénégal devront choisir. Soit de rester à servir leur pays, soit d’aller voir ailleurs, mais on n’acceptera que des enseignants du supérieur recrutés par l’État du Sénégal travaillent parallèlement dans un autre pays, fut-il un État voisin. »

À ce jour, Conakry n’a pas encore réagi aux propos du ministre sénégalais. Il est toutefois important de rappeler que, via un appel d’offres en date du 1er juillet 2024, le ministère guinéen de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation -dirigé par Alpha Bacar Barry- avait lancé un recrutement de 250 enseignants-chercheurs pour les institutions publiques guinéennes, ouvert à des candidats de nationalité guinéenne ou étrangère. Les profils recherchés étaient notamment des titulaires de doctorat (PhD) en mathématiques, ingénierie, informatique, entre autres.

 

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