Libreville : les bulldozers effacent 46 ans d’histoire aux Trois Quartiers

Lundi 16 mars 2026, au cœur de Libreville, un pan entier de mémoire urbaine a été réduit en gravats. À Batterie 4, les engins de démolition ont investi la cité des Trois Quartiers et les 90 logements, sous la supervision de la Direction générale du patrimoine de l’État. Objectif affiché : tourner la page de bâtiments vieillissants pour ouvrir celle d’une reconstruction annoncée comme plus moderne.

Dès les premières heures de la journée, pelleteuses et tractopelles sont entrées en action, marquant la fin d’un site historique longtemps occupé par des habitants contraints de quitter les lieux parfois dans la précipitation.

Construites dans les années 1970, ces habitations avaient été initialement pensées pour loger des enseignants étrangers. Mais au fil des décennies, l’abandon et la vétusté ont transformé ces bâtiments en zones insalubres, devenues dangereuses pour leurs occupants.

Démolir pour reconstruire, mais à quel prix ?

L’opération s’inscrit dans une volonté des autorités de réaménager cette zone stratégique de la capitale. L’ambition est claire : assainir, sécuriser et moderniser. À terme, le site devrait laisser place à un nouveau projet urbain, avec des infrastructures modernes et des habitations de standing, dans le cadre d’un vaste plan de transformation de Libreville.

Mais derrière le vacarme des machines, une autre réalité persiste. Celle des anciens occupants, parfois relogés, parfois livrés à eux-mêmes, contraints de reconstruire leur vie ailleurs. L’évacuation, précédée d’un ultimatum des autorités, a laissé place à des scènes de départ précipité, entre matelas entassés et souvenirs abandonnés.

En quelques heures, ce sont près de cinq décennies d’histoire qui ont disparu sous les coups des bulldozers. Et avec elles, une question qui reste suspendue : la modernisation de la ville peut-elle se faire sans effacer ceux qui l’habitaient ?

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